Plus de 110.000 logements à vendre ! Les promoteurs voient leurs stocks de maisons et appartements gonfler de mois en mois. Ce niveau de stocks n’avait pas été atteint depuis 1978. Certes, seuls 3,4 % de ces logements sont achevés, les autres programmes étant en cours de travaux ou en projet. Toujours
est-il que ce niveau de stocks à venir montre l’ampleur de la crise immobilière qui pointe son nez. Si les stocks augmentent, c’est parce que les ventes poursuivent leurs chutes. Au premier semestre, les ventes des promoteurs ont ainsi reculé de 30 %. La chute dépasse même les 50 % dans cinq régions : Aquitaine, Lorraine, Midi-Pyrénées, Bourgogne, Limousin. Seule la Champagne-Ardenne échappe à la baisse en France métropolitaine.
En Bretagne aussi
En Bretagne, le repli est moins important : - 10 %. Les ventes de maisons individuelles en lotissement ont atteint 433 unités au premier semestre contre 464 pour la même période de 2007. Les prix se sont en revanche bien tenus à 199.000 euros en moyenne contre 201.000 euros précédemment. Pour ce qui concerne les appartements, les ventes bretonnes ont porté sur 2.925 unités contre 3.384 l’an dernier pour un prix moyen de 2.785 euros/m² contre 2.680 euros un an plus tôt. Les nuages noirs qui s’annoncent (hausse des taux d ’ intérêt, accès plus difficile aux crédits accordés par les banques) conduisent la Fédération des promoteurs constructeurs à réviser drastiquement ses prévisions pour l ’ ensemble de l ’ année 2008 : elle vise désormais 90.000 à 95.000 logements neufs construits contre 127.000 en 2007.
Chute des permis
Conséquence de ce fort ralentissement : le nombre de mises en chantier de logements a encore reculé ces derniers mois. Sur un an à la fin juillet, l’Equipement n’a recensé que 401.623 mises en chantier, soit une baisse de 6,6 %. La baisse encore plus forte en Bretagne : - 7,1 % avec 32.000 mises en chantier. Et les mois à venir s’annoncent difficiles puisque les permis de construire accordés sont eux aussi à la baisse : - 12,6 % sur un an en France, - 13,8 % en Bretagne. Dans la région, le rythme annuel de permis retombe ainsi à celui de 2004 (voir graphique). Ces statistiques ne sont pas de bon augure pour les entreprises du bâtiment. Un bémol, toutefois : s’il y a crise immobilière, il n’y a pas de krach à craindre, comme aux Etats-Unis ou en Espagne. Selon l’institut Xerfi, la situation des ménages acquéreurs restent en effet saine et il n’y a pas eu de « dérives excessives de l’endettement ».