Quelles sont les ressources en énergie marine en Bretagne ? Il y en a trois principales : le vent, les vagues et la marée. L’énergie de la marée peut être récupérée sous deux formes : énergie potentielle, à l’exemple du barrage de la Rance ou énergie cinétique en exploitant à l’aide d’hydroliennes les courants de marée.
On peut également tirer parti de la biomasse marine pour faire des algo carburants. Enfin, en Bretagne, on pourrait par exemple parfaitement utiliser l’eau de mer dans des pompes à chaleur. Dans l’exploitation des énergies marines, la France n’est pas vraiment en avance. Mais ce retard sur les énergies des vagues et des courants n’est pas rédhibitoire, car aucun dispositif étranger n’est réellement à un stade industriel commercial.
L’usine marémotrice de la Rance produit de l’électricité depuis 40 ans. Pourquoi n’y a- t-il pas eu d’autres réalisations en France ? Pour réaliser ce barrage, il a fallu fermer un estuaire, ce qui a fortement perturbé le milieu marin. Il n’est pas sûr que l’on referait aujourd’hui le même type d’ouvrage. Néanmoins, les Anglais sont en train de rouvrir le dossier. Et des concepts nouveaux comme la réalisation de lagons artificiels en mer sont envisagés, notamment en Chine.
Où en est-on du développement de ces ressources ? Le vent est une source d’énergie importante. La France possède la deuxième ressource européenne derrière l’Angleterre. Les éoliennes off-shore se sont beaucoup développées dans les pays d’Europe du Nord car les conditions y sont très favorables. Ce sont des zones sédimentaires où l’on peut avoir peu de fonds à une distance importante des côtes. En Bretagne, les fonds ont tendance à plonger plus rapidement. Jusqu’à 25 mètres de profondeur les techniques de pose des éoliennes off-shore sont simples. Au-delà, ça se complique, et c’est plus cher. Actuellement on étudie la possibilité d’installer des éoliennes sur des flotteurs, de façon à les éloigner des côtes. Concernant l’énergie des vagues et celle des courants de marée, on peut penser qu’il y aura de nombreux projets de développement quand les technologies seront matures et les machines validées. Il convient de mettre en place des conditions permettant leur développement comme des sites d’essais en mer. Pour la Bretagne, il faut se placer dans une vision de bouquet énergétique. Toutes les ressources doivent être considérées. Et il ne faut pas oublier que le développement des énergies marines, nouvel usage en mer, se fera si une concertation entre tous les usagers, notamment les pêcheurs, est engagée très tôt. Là, les services de l’Etat, la Région et les collectivités auront un rôle à jouer car il s’agit de ce qu’on appelle communément la Gestion intégrée des zones côtières.