« Un malentendu s ’ était instauré, avec une certaine complaisance, autour des propos » qu ’ avait tenus à Carcassonne le président Sarkozy, a reconnu hier le général Jean-Louis Georgelin, chef d ’ état-major des armées. L e chef de l ’État avait alors « traité d ’ amateurs des gens qui avaient fait une faute inexcusable » ,
a expliqué le numéro un militaire de l ’A rmée française, à propos des tirs à balles réelles qui avaient fait 17 blessés le 29 juin lors d ’ une opération portes ouvertes . Deux jours plus tard, le général Bruno Cuche, chef d ’ état-major de l ’ armée de T erre, démissionnait, un geste vécu comme un choc par de nombreux militaires.
« L’anxiété demeure »
Dimanche soir, Nicolas Sarkozy avait ouvert le ban dans un « message aux armées » diffusé par le ministère de la Défense auprès de chacun des 271.000 militaires. « En tant que chef des A rmées et au nom de tous nos compatriotes, je vous assure de toute mon estime et mon amitié et je vous renouvelle ma confiance » , avait-il déclaré. Interrogé sous couvert de l ’ anonymat, un officier a estimé que ces déclarations allaient « mettre du baume au c œ ur » des militaires qui avaient éprouvé un « sentiment de révolte » devant les propos présidentiels sur Carcassonne. Pour autant, a poursuivi ce « vieux soldat » , « l ’ inquiétude et l ’ anxiété demeurent » face à la réforme des armées. « Dès que les lampions de la fête se sont éteints ce matin sur les Champs-Élysées , nous avons retrouvé les incertitudes sur notre avenir individuel et sur celui de nos unités » .
Des élus UMP manifestent
Après l ’ annonce de 54.000 suppressions de postes, le ministre de la Défense doit présenter d ’ ici à la fin juillet le second volet de la réforme : la « carte militaire » , qui se traduira par des dizaines de fermetures de casernes, de bases et de régiments. Des manifestations ont déjà réuni plusieurs centaines de personnes à travers la France . Hier encore, au moment même où le 501 e -503 e régiment de chars de combat de Mourmelon (Marne), que l ’ on dit promis à la dissolution, défilait sur les Champs-Élysées , plus d ’ un millier de personnes , dont des élus UMP, manifestaient dans les rues de la ville pour réclamer son maintien.
15/07/2008.