L’air est à la fois glacé et moite dans les couloirs ornés de panneaux évoquant les mers froides australes ou tropicales. Visiter le Marion, c’est embarquer pour une croisière scientifique où l’on devine le gros temps, les manipulations mouvementées, le scintillement des ordinateurs sur fond de ciel noir peuplé d’albatros, les escales dans des paysages vierges. L’Institut polaire Paul-Émile-Victor a arrimé le bateau de 120 m de long à Brest 2008. L’escale, du 11 au 15 juillet, est une petite fenêtre festive entre deux campagnes océanographiques dans l’hémisphère nord. Toute l’année, le navire parcourt les mers du monde, embarquant à chaque mission un nouveau contingent de scientifiques et leurs volumineux équipements. Le Marion sert aussi pendant quatre mois, soit quatre rotations, à la desserte des îles australes, situées entre La Réunion et l’Antarctique.
Exposition sur les quais
Les visiteurs disposeront d’un plan guide pour parcourir le bateau : laboratoire, passerelle, hangar hélicoptère, PC scientifique, salle de conférence... À terre, une exposition présentera la chronique photo d’une récente mission scientifique dans l’océan austral, mise en œuvre par l’Institut polaire et deux équipes de recherche brestoises. L’administration des Terres australes et antarctiques françaises a édité un prêt-à-poster marquant la présence du Marion à Brest 2008. Ce souvenir postal voyagera sur le Marion, entre Brest et les îles Crozet où il sera oblitéré lors de la prochaine rotation, puis remontera jusqu’à La Réunion pour intégrer le circuit postal classique et l’adresse indiquée.
Le Tukaru, un bateau japonais long de 13 m, arrivé à Brest par conteneur, a été mis à l’eau, hier après-midi, avec moult précautions à hauteur de la passerelle ro-ro, dans l’enceinte du port de commerce. Il s’agit d’une réplique d’un bateau qui participait il y a trois cents ans aux cérémonies impériales.
Le naufrage de la superbe goélette Tho Pa Ga (dans la nuit de lundi à mardi) a porté un coup très dur à tous ceux qui connaissent le bateau (classé Monument historique), son équipage et ses propriétaires. Et si le rassemblement était l’occasion de déclencher un large élan de générosité pour tenter de renflouer la goélette espagnole qui repose, toutes voiles dehors, par 110 m de fond ?
Les marins ne craignent pas grand-chose, c’est bien connu. Mais il fallait au moins venir de la péninsule ibérique pour oser ce mauve détonnant dans un rassemblement de vieilles coques !