Depuis septembre 2003, elle coordonne le tout nouveau pôle de santé publique du parquet de Paris (rattaché au parquet financier).
Elle a déjà en charge les plaintes concernant les dossiers Jussieu et RATP. Mais elle prévient. « Je n’ai plus personne pour enquêter. Si l’on ne me donne pas des moyens conséquents, il n’y aura pas de dossier solide. » Et donc, pas de procès équitable. Quand il lui faudrait une dizaine d’officiers de police judiciaire pour ce seul dossier, elle n’en dispose que de quatre, déjà mobilisés dans le cadre d’autres affaires sanitaires. « Et si l’on me donne ces moyens, il faudra deux ou trois ans, au mieux, pour boucler l’instruction. » Décision politique « Créer un pôle de santé publique, c’était très bien.
Mais sans moyens, à quoi ça sert ? », interroge un magistrat. Le pôle financier du parquet de Paris fonctionne avec une photocopieuse pour 30 juges. Les ordinateurs datent de 1998. Et 60 % de son budget passe dans la seule location des bureaux de la rue des Italiens, dans le IX e arrondissement, et boulevard Saint-Germain... « Pour l’amiante, c’est ici que tout va se jouer, estime M e Ledoux. Si l’on donne véritablement les moyens au pôle de travailler, Mme Bertella y arrivera. Sinon, le procès fera pschitt... »
Patrick Roy, député du Nord, l’une des régions les plus touchées de France : « La catastrophe est telle, l’émotion si intense qu’on voit mal comment la justice pourrait refuser d’entendre ces milliers de personnes. C’est la même chose pour l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire que j’ai demandée, avec d’autres députés. Si cette commission est créée, l’enquête sera explosive, promet le député. On révélera au grand jour, très officiellement, ce qui a déjà été dit et parfois écrit... Il est inadmissible que pour un but financier, on ait tué sciemment des dizaines de milliers de gens. Toutes ces morts auraient pu être évitées. »