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Amiante : 30 ans de retard Réagir à cet article Envoyer à un ami Imprimer cet article

Déchargement d’amiante : le combat des dockers brestois

Les dockers sont l’une des professions exposées à l’amiante. Mais, en plus d’avoir inhalé de la poussière d’amiante, ils doivent, comme à Brest, se battre pour obtenir que leur port soit inscrit sur la liste des sites ayant reçu des déchargements de cette roche fibreuse.

A ce jour, 10 % des malades de l’amiante décèdent avant leur départ à la retraite à 60 ans. Malgré cela, les non-sens ont toujours cours. D’après un décret de loi datant de 2002, il faut qu’un port soit inscrit sur la liste officielle des lieux ayant servi à décharger de l’amiante pour que les dockers
qui y travaillent puissent prétendre à une cessation anticipée d’activité. « On travaillait 16 heures par jour » Le port du Ponant compte une quarantaine de dockers. Sur ce nombre, une quinzaine sont intéressés par l’opportunité d’une cessation d’activité anticipée. Mais comment prouver que Brest a accueilli de l’amiante ? « On était embauché, soit au vrac, soit au tonnage. On faisait 16 heures de travail tous les jours, de 6 h jusqu’à 22 h. On a obligatoirement travaillé dans la poussière d’amiante mais tout ce que nous regardions, c’était la paie à la fin de la journée. .. », témoigne Patrick, 50 ans. Hormis leur parole, la seule preuve en possession des dockers était jusqu’ici le mot amiante, qui apparaît sur leurs primes de salissures. « Deux ans suffisent à empoisonner les gens » Après plusieurs démarches, ils ont réussi à obtenir, auprès des douanes, des « fichiers des importations et exportations d’amiante », attestant du déchargement, à Brest, de cinq tonnes en 1977 et 14,9 tonnes en 1979. « Et deux années suffisent à empoisonner les gens », remarque Etienne Le Guilcher, président de l’Addeva, association finistérienne de défense des victimes de l’amiante (*). Un dossier a été déposé auprès de la direction des relations du travail (DRT). Il serait, aujourd’hui, à l’inspection du travail. Une procédure pour appuyer leur demande est en cours. (*) Addeva Finistère, 6 rue Traverse, BP 12011, tél. 02.98.46.91.51.
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