Des pointes à 173 km/h. À 1 h 50 du matin, le 16 octobre 1987, le sémaphore de l’île de Batz avait enregistré des pointes à 172 km/h. Durant toute la nuit, des grains s’étaient succédé sur la région de Morlaix avec des pointes à 173 km/h. Le 16 octobre, à 9 h 30 du matin, la vitesse du vent
était redescendue à 86 km/h du côté de l’île de Batz.
140 appels chez les pompiers. C’est à 21 h 45, ce 15 octobre, que les pompiers ont reçu le premier appel pour un arbre tombé sur la route de Garlan. Tout au long de la nuit, les 21 pompiers morlaisiens sont sans cesse intervenus (lire ci-dessous).
Un blessé grave. À Mespaul, un agriculteur de 41 ans, qui avait grimpé sur le toit d’une dépendance pour réparer les dégâts, avait perdu l’équilibre et chuté de plusieurs mètres. Blessé grièvement, il avait été transporté à l’hôpital Morvan, à Brest. À Plougonven, un autre agriculteur avait été blessé à la tête par une tôle de hangar agricole qui s’était détachée. À Plouigneau, des bovins avaient été tués par des boxes en tôle soulevés par le vent.
« D’impressionnants dégâts ». « D’impressionnants dégâts », titrait Le Télégramme en page locale de Morlaix, dans son édition du 17 octobre 1987. En ville, on pouvait ainsi voir des caravanes sur le côté, des toitures menaçant de s’effondrer, des cheminées mal en point, des câbles haute tension à terre, des panneaux publicitaires tordus, deux chapelles (la Vieille-Roche, à Plourin, et celle de Coatserho) endommagées, deux pontons du port de plaisance ayant largué leurs amarres... À la station-service d’Euromarché (aujourd’hui, Géant), une pompe à essence avait été projetée au sol sur plusieurs mètres. Autour de Morlaix, des champs de maïs avaient également été saccagés.
15 tonnes de bananes détruites. Les dégâts les plus importants avaient été constatés dans les serres de la famille Pennors (lire ci-contre) et à la Socofel (Société commerciale des fruits et légumes) dans la zone de Kerivin où 15 tonnes de bananes avaient été détruites. Appartenant à un groupe financier hollandais, deux avions, stationnés sur l’aéroport, avaient également été endommagés, ainsi que trois avions de Brit Air. Estimation des dégâts effectuée par la compagnie morlaisienne, au lendemain du passage de l’ouragan : entre 2 et 10 millions de francs.
50.000 foyers dans le noir. Privés d’électricité, 50.000 foyers de l’arrondissement de Morlaix avaient été plongés dans le noir cette nuit-là. Les communes les plus touchées avaient été : Le Cloître-Saint-Thégonnec, Plourin, Guimaëc, Locquirec, Plougasnou et Saint-Jean-du-Doigt. Le courant avait été rétabli au bout de trois jours.
Galère à la gare. Le train Paris-Brest, qui devait arriver à 23 h 12 à Morlaix, n’était entré en gare qu’à 2 h 40 du matin et il n’était reparti qu’à... 6 h 26.
526 abonnés sans téléphone. Sur les 52.000 abonnés du secteur, 526 avaient été privés de téléphone. Le village de Saint-Cadou, en Sizun, avait même été coupé du monde.