Dans quatre ans, le Protocole de Kyoto aura vécu. Pour autant, il est hors de question de laisser la planète ouvrir en grand les vannes des émissions des gaz à effet de serre, accusés par une bonne partie de la communauté scientifique d’être à l’origine du réchauffement climatique.
Un
plan plus ambitieux que Kyoto
Il est donc prévu qu’un nouvel accord mondial de réduction des émissions polluantes prenne le relais du Protocole de Kyoto, qui expire en 2012. À cette fin, l’Onu lance à Bonn, en Allemagne, un nouveau cycle de discussions. D’ici au 13 juin, 2.400 personnes, dont les représentants de 172 pays, se fixent pour objectif de présenter un plan ficelé à la fin de l’an prochain. Un plan plus ambitieux que celui arrêté à Kyoto, qui prévoit une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 5 % par rapport au niveau de 1990. Mais surtout plus large, puisque cette fois, les États-Unis, la Chine et l’Inde ont promis de le ratifier. A écouter les scientifiques convaincus que l’humanité a une grande part de responsabilité dans le réchauffement de la planète, et notamment ceux du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), il convient de diminuer les émissions polluantes de moitié vers 2050. Sans quoi, la température moyenne sur la Terre progressera de trois degrés, ouvrant la voie à un cortège de catastrophes (voir ci-dessous).
Des mesures sans délai
Parmi les solutions envisagées, figurent l’utilisation d’énergies renouvelables, du nucléaire et une réduction drastique de la déforestation. L’urgence est telle que d’entrée de jeu, des participants à la conférence de Bonn ont réclamé que des mesures d’adaptation aux changements climatiques soient prises sans délai, sans attendre que les négociations aboutissent en 2012. « Le temps ne permet pas d’attendre », a ainsi fait valoir un Brésilien, relayant les préoccupations de plusieurs délégations. Certaines d’entre elles craignent que la recherche d’un engagement international ne fasse perdre du temps, et souhaitent que chaque pays ou région du monde puisse agir de manière plus autonome.
Quel coût ?
De fait, les pays les plus industrialisés, membres du G8, n’ont pas encore réussi à se mettre d’accord sur des objectifs chiffrés de réduction des gaz à effet de serre. Mais comme souvent, le problème est d’ordre financier. Pour les seuls pays en développement, une adaptation aux changements climatiques pourrait coûter 50 milliards de dollars par an, soit 100 fois plus que les ressources disponibles. Un appel aux pays riches, aux nations occidentales, est donc lancé.