Joint par téléphone, Daniel Lepetitcorps avait du mal à cacher son émotion en apprenant la nouvelle. «Cela fait des années que je me bats aux côtés de Denis Seznec pour permettre la révision du procès de son grand-père. Je suis heureux pour Denis et j'espère que la justice lèvera les doutes qui pèsent sur cette affaire».
Le fils de l'ancien chef de gendarmerie de Paimpol, chargé de l'enquête à l'époque, est en effet au centre de la contre-enquête menée depuis plusieurs années par le détective Roger-Marc Moreau.
De nouveaux éléments
«En 1996, après la mort de mon père, j'ai retrouvé dans ses papiers personnels des photos montrant la découverte d'un crâne sur les bords du Trieux, accompagnées d'un procès verbal datant de 1953. Je ne comprends toujours pas pourquoi la police n'a pas approfondi ces éléments. Des éléments d'autant plus troublants que les premiers ossements ont, en réalité, été découverts deux ans auparavant au manoir de Traou-Nez à Plourivo, sans que personne n'y fasse attention.» Condamné pour le meurtre de du conseiller général du Finistère Pierre Quémeneur, dont on ne retrouva jamais le corps, Seznec fut libéré après 20 ans passés au bagne de Cayenne. Depuis ce jour, il n'a eu cesse de clamer son innocence. Un combat repris à sa mort par sa fille puis par son petit-fils Denis Seznec.
Pas une surprise
Pour Daniel Lepetitcorps, cette requête n'est pas une surprise. «La nomination de Marylise Lebranchu comme ministre de la Justice a grandement contribué à faire avancer le dossier. N'oublions pas qu'elle est Bretonne et qu'elle a toujours milité pour la révision du procès de Guillaume Seznec. De plus outre les photos de mon père, il ne faut pas oublier le témoignage de Colette Noll, cette résistante qui a reconnu le fameux Gherdi, personnage central de l'affaire. »
Une longue attente
Maintenant c'est à la justice de trancher grâce à l'apport de ces éléments nouveaux sur la réouverture ou non du dossier Seznec. Pour Daniel Lepetitcorps, cela ne fait pas de doute. «Qu'il soit coupable ou innocent, il faut que l'on aille vers la tenue d'un nouveau procès. J'ai toujours dit que la justice se grandirait en reconnaissant sa faute. L'affaire Seznec comprend trop de zones d'ombres à éclaircir. Aujourd'hui, je suis content et soulagé car cette requête est une suite logique au combat que nous menons. Il faut désormais attendre la décision de la Chancellerie pour savoir si ces longues années d'attentes et de recherches ont servi à quelque chose.»
Guillaume Seznec était revenu à Plourivo expliquer les raisons de son combat pour la réouverture du dossier de son grand-père.
Edition
TB/CDA/LAN/PAIMPOL/PAIMPOL
03-04-2001