Le 11 avril 2005, la commission de révision des condamnations pénales avait décidé de transmettre le dossier Seznec à la Cour de révision , ouvrant la voie à une éventuelle annulation de la condamnation prononcée en 1924 à l ' encontre de Guillaume Seznec. A l ' issue de l ' audience du 5 octobre, la
Cour de révision (*) pourra soit rejeter la demande de révision soit annuler la condamnation aux travaux forcés à perpétuité de Seznec , prononcée par la cour d ' assises du Finistère pour le meurtre de Pierre Quemeneur.
Rôle joué par un certain Gherdi
L a requête en révision, qui avait été transmise le 3 0 mars 2001 par la garde des Sceaux de l'époque, la Morlaisienne Marylise Lebranchu, s ' appuyait sur le rôle joué par un certain Gherdi, susceptible de jeter un doute sur la culpabilité de Seznec, et sur les relations de cet homme avec l ' inspecteur de police Pierre Bonny, cheville ouvrière de l ' enquête criminelle. Pour justifier la transmission du dossier à la Cour, la commission a estimé qu ' il convenait de « s ' interroger sur le rôle que l ' existence de Boudjema Gherdi aurait pu jouer auprès des jurés, s ' ils l ' avaient connue lorsqu ' ils ont apprécié la culpabilité de Guillaume Seznec » . Son existence ainsi que « les soupçons portant sur les relations que cet homme a pu avoir avec l ' inspecteur de police Pierre Bonny ( ... ) constituent des éléments nouveaux dont l ' appréciation ne saurait relever de la seule commission de révision » , avait , en outre , expliqué celle-ci, dans un arrêt prudent.
Un témoignage capital
C ' est le témoignage d ' une déportée, Colette Noll, qui a fait pencher la décision de la commission. Selon cette femme, il pouvait exister un lien entre Gherdi et Bonny. « La circonstance que Boudjema Gherdi ait pu être celui qui a dénoncé , en avril 1944 à la Gestapo, Colette Noll tandis que Pierre Bonny sévissait rue Lauriston (siège de la Gestapo française), permet de s ' interroger sur un lien possible entre les deux hommes, non seulement à cette époque, mais au moment de l ' affaire Seznec » , avait ainsi expliqué la commission.
* Cette Cour est composée uniquement de magistrats de la chambre criminelle de la Cour de cassation . Elle est la seule instance habilitée à réviser une condamnation .