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Morlaix ville

Escroquerie. Deux ans ferme à la «cabossée de la vie»

8 mai 2009

Faux et usage de faux, contrefaçon de chèques... Cette Landivisienne déjà condamnée pour des faits similaires n'a pas échappé à la prison ferme, hier.

Convoquée devant le tribunal correctionnel de Morlaix pour une série de faits datant de juillet à novembre2008, cette Landivisienne de 47 ans a également été jugée simultanément, en comparution immédiate hier, pour d'autres délits plus récents. Dans la première affaire, c'est son ex-mari qui avait déposé plainte contre elle pour vol et contrefaçon de chèques. La prévenue aurait subtilisé le carnet de chèques de son ex-belle-mère décédée, réalisant ensuite huit achats pour un montant total de 1.277EUR.

Permis de conduire et fiches de paie falsifiés

Encore plus récemment, le 9avril dernier, un commerçant de Landivisiau déposait, lui aussi, plainte contre l'intéressée, pour tentative d'escroquerie cette fois-ci. La prévenue avait voulu acheter, chez lui, un scooter à crédit, en fournissant des pièces administratives -notamment le permis de conduire de sa mère- falsifiées. Quelques jours plus tard, son gendre se rendait également au commissariat pour se plaindre de faux et usages de faux: afin de louer un nouveau logement, sa belle-mère avait utilisé, en les trafiquant, trois anciennes fiches de paie le concernant. Ces deux dernières plaintes ont occasionné le jugement en comparution immédiate.

«Une rage d'être reconnue»

Dans les deux cas, la prévenue reconnaît tout, sauf les faits de vol. «La situation de Madame est compliquée, note Me Cotrian pour la défense. C'est une cabossée de la vie. Un premier mariage malheureux. Un second qui prend le même chemin. Je crois qu'il y a chez cette femme une rage d'être reconnue socialement. Mais pour avoir une maison, une voiture, faire plaisir, il faut, bien sûr, des moyens matériels qu'elle n'a pas. C'est ce qui l'a entraînée dans le circuit pervers des faux. Il y a là, à mon sens, un problème psychique sérieux qui mérite d'être traité».

«Escroc à temps plein»

Dans ce dossier qui s'est présenté au parquet «comme une pelote de laine», le vice-procureur Stéphane Cantero note surtout «l'accumulation de bidouillages». Au domicile de la prévenue, les enquêteurs ont retrouvé un carton plein de pièces falsifiées prêtes à l'emploi: «On est là dans une vraie activité d'escroc à temps plein!» poursuit le Ministère public, qui déplore, au passage, que les deux ans de prison ferme déjà effectués pour d'autres faits similaires n'ont pas été utiles, et requérant quatre ans ferme cette fois-ci. Le tribunal s'est finalement prononcé pour une confusion des peines dans les deux dossiers. Michèle Nolier écope de trois ans de prison, dont un avec sursis et mise à l'épreuve de trois ans. Elle devra par ailleurs se soigner, suivre une formation ou un travail, et rembourser 252 EUR à ses victimes.

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