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France

Violences. Strasbourg et Bastia pansent leurs plaies

6 avril 2009

Strasbourg et Bastia ont été durement touchées par les violentes échauffourées de samedi. La capitale alsacienne va demander des compensations à l'Etat.

A Strasbourg, le bilan des dégâts matériels s'annonce très lourd, tout comme à Bastia (à droite), où bâtiments publics et établissements bancaires ont été la cible de casseurs. Photos AFP

La ville de Strasbourg et celle de Bastia pansaient leurs plaies hier, au lendemain d'émeutes d'une rare violence, qui se sont produites, pour la première, en marge du sommet de l'Otan et à l'issue d'une manifestation, pour la seconde. Dans la capitale alsacienne, des casseurs mêlés à des militants pacifistes ont dévasté un quartier de la ville proche de la frontière avec l'Allemagne. 49 personnes ont été blessées légèrement. Au total, 330 personnes ont été interpellées. Certaines seront jugées en comparution immédiate aujourd'hui. Parmi elles figurent trois jeunes Allemands. Il reste que des questions demeurent sans réponse et suscitent de nombreuses réactions politiques (lire ci-dessous). En particulier, le fait que la police, omniprésente ailleurs dans la ville, soit restée invisible dans ce quartier proche de la frontière lorsque des casseurs ont incendié un hôtel Ibis, une pharmacie et d'anciens locaux de la douane du Pont de l'Europe. Une entreprise et beaucoup de mobilier urbain ont également été ravagés. Les auteurs des violences, des «Black blocks» encagoulés et armés de barres de fer, étaient au nombre de 2.000, selon la préfecture.

«Livrée aux casseurs»

Le sénateur-maire (PS) Roland Ries, qui s'est déplacé dans les quartiers sinistrés, va demander des explications et des compensations à l'Etat. Il s'est fait l'interprète de cette population qui a eu le sentiment, selon lui, d'avoir «été livrée aux casseurs et non protégée», en raison d'une présence policière insuffisante, alors que 9.000 policiers et gendarmes et 1.500 militaires avaient été mobilisés pour le sommet de l'Otan. «Des femmes m'ont raconté qu'elles avaient elles-mêmes protégé une école des casseurs en faisant une haie, et ils ont reculé», a-t-il raconté.

Désolation à Bastia

A Bastia, hier, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a dénoncé la «lâcheté» des casseurs, qui se sont déchaînés la veille à l'issue d'une manifestation indépendantiste. Huit CRS ont été hospitalisés dont trois dans un état grave. Dans le centre-ville, les dégâts occasionnés par les échauffourées de samedi sont importants: plusieurs agences bancaires et l'ancienne mairie de Bastia ont été fortement endommagées par des cocktails Molotov lancés par les manifestants.

De vives condamnations et des interrogations

Après les violences de samedi à Strasbourg et en Corse, condamnations et appels aux sanctions se sont multipliés hier dans la classe politique. «Ce que je souhaite, c'est que les casseurs soient punis avec la plus extrême sévérité», a déclaré le président Nicolas Sarkozy au lendemain de saccages, pillages et incendies en marge du sommet de l'Otan dans la capitale alsacienne. Le maire PS de Strasbourg, Roland Ries, a demandé «une justice exemplaire», tandis que le député UMP de Seine-Saint-Denis, Eric Raoult, a réclamé le «rétablissement de la loi anti-casseurs, abrogée par la gauche en 1981». L'Unsa-Police, premier syndicat de gardiens de la paix, a condamné des «émeutes d'une rare violence» et dénoncé un «déchaînement à l'encontre des forces de l'ordre» qui «se banalise». Dès samedi, la numéroun du PCF, Marie-George Buffet, présente à Strasbourg, avait exprimé sa «colère» devant «des actes très graves, qui méritent une condamnation claire». Les Verts sont allés plus loin, demandant hier une commission d'enquête en se disant «étonnés» que des «casseurs sans foi ni loi» aient pu opérer malgré le déploiement sécuritaire. L'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius a, lui, dénoncé des «groupes ultraminoritaires et ultraviolents qu'il faut sanctionner sans aucune faiblesse». «Les violences d'où qu'elles viennent sont inacceptables» a renchéri François Bayrou. Pour le leader du MoDem, «les gouvernants ont une responsabilité de justice et respect mutuel».

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