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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Yann Eliès opéré le 23 décembre

30 décembre 2008 à 15h54

Yann Eliès désormais entre les mains des médecins du Royal Perth Hospital, Marc Guillemot, son saint-bernard, a repris sa course contre le temps.
Retrouvez les réactions et soutiens des internautes à Yann Eliès.

À 4 h 10 hier matin, la frégate HMAS Arunta, a accosté au Port de Fremantle à Perth. Yann Eliès a été accueilli par deux de ses équipiers, Philippe Laot et Jean-Baptiste Epron, dépêchés sur place et Benoît Gilles, représentant le Groupe Generali. Le skipper, affaibli, était heureux de voir des visages connus.


Retrouvailles

« Nous avons pu passer cinq minutes avec Yann dans sa chambre avant qu'il ne soit descendu. Il est dans une sorte de coquille qui lui protège le thorax et la jambe. Il a un débit de parole très lent sous l'effet des médicaments. On sentait qu'il souffrait encore énormément et ce malgré les médicaments », a raconté Jean-Baptiste Epron qui l'a ensuite revu. « À son arrivée, il était encore groggy mais, hier après-midi, il était en meilleure forme. Je l'ai senti plus rassuré après s'être entretenu avec les médecins. » Au Royal Perth Hopital, Yann Eliès a subi des examens complémentaires avant une intervention chirurgicale prévue ce matin. Celle-ci va consister en l'intrusion et la fixation d'un clou centromédulaire, une technique éprouvée en cas de fracture du fémur. Côté moral, celui-ci devrait remonter avec l'arrivée de ses parents, son épouse Soizic et ses deux enfants qui ont rejoint l'Australie. Des retrouvailles heureuses en guise de cadeau de Noël après des heures d'angoisse.


Guillemot secoué dans son mât

Pendant ce temps-là, son ange gardien, Marc Guillemot, a repris le cours de son tour du monde. Mais le retour à la course est difficile pour le skipper de Safran. En premier lieu parce qu'il est affronté, tout comme Samantha Davies (Roxy), à des vents très faibles, à peine cinq noeuds. Marc Guillemot espérait en profiter pour réparer son rail de grand-voile endommagé (*), avant qu'il ne se déroute pour porter assistance à Yann Eliès. « J'ai tenté une ascension mais ça s'est soldé par un échec parce qu'il y avait encore pas mal de houle. Je n'ai pas réussi à m'en affranchir. J'ai valdingué en haut et c'était très dangereux. Du coup, je suis redescendu avec tous mes outils. Je suis en train de me remettre parce que je me suis bien fait secouer... »


Contrecoup moral

Marc Guillemot, qui a aussi été très remué émotionnellement par ces 48 heures vécues auprès de son copain, subit un contrecoup moral et nerveux. Toujours très franc, le marin de Saint-Philibert a avoué qu'il se sentait fatigué bien qu'ayant beaucoup dormi depuis deux nuits. « En fait, je n'ai pas encore récupéré de ce temps passé auprès de Yann. Le stress, les angoisses, les émotions dévorent parfois plus d'énergie que les efforts physiques. Maintenant, il faut que je fasse attention et que je reprenne de l'énergie. Mais ça va venir car la volonté est là. Dès que j'aurai du vent, je peux vous assurer que le bateau sera manié le plus rapidement possible. » Pour le skipper de Safran, qui progressait hier à petite vitesse (3 noeuds), la donne a changé. Alors qu'il avait Vincent Riou et Armel Le Cléac'h dans le collimateur, ceux-ci sont aujourd'hui plus de 1.000 milles devant son étrave. D'où la complexité de la tâche du jury qui va évaluer le temps à lui rendre. Cette décision sera communiquée le 31 décembre. Ces étrennes en jours heures et minutes seront-elles généreuses pour Marc Guillemot lancé à la poursuite du temps « perdu » ?

* Compte tenu de cette avarie il ne peut pas hisser sa grand-voile au-delà du deuxième ris.

  • Gilbert Dréan - 23/12/2008

Le sauvetage d'Eliès a coûté près de 490.000 euros

Le sauvetage de Yann Eliès, récupéré samedi par une frégate de la marine australienne , a coûté p rès de 490.000 euros , selon l'agence de presse australienne (AAP). La marine australienne avait affrété une frégate, le HMAS Arunta, qui a parcouru plus de 3 . 000 kilomètres (1 . 860 milles) pour recueillir le Briochin. Conformément à la Convention de Hambourg du 27 avril 1979 (ratifiée par la France et l'Australie), les frais de ce secours en mer seront pris en charge par l'État côtier, à savoir l'Australie. Lors de l ' édition 1996-97 du Vendée Globe, les sauvetages par la marine australienne des navigateurs Tony Bullimore et Thierry Dubois avait soulevé une polémique en Australie.

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