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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Yann Eliès entre de bonnes mains (21/12/08)

30 décembre 2008 à 15h54

Sous le regard de Marc Guillemot, son ange gardien, Yann Eliès a été secouru par les sauveteurs australiens, hier matin à 10 h 30. Le Briochin a été pris en charge immédiatement par le médecin du bord de la frégate médicalisée qui fait actuellement route vers Perth en Australie.


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- « Yann, c'est Marco ! Ça y est, ils sont là. Les secours arrivent près de toi. Je les vois par mon hublot, ils sont en train de tourner autour de ton bateau ». - « Super, super Marco... Je viens de les entendre monter à bord. Je te rappellerai plus tard ». - « OK, pas de problème. C'est un grand moment mon Yannou ! Bonne route et bonne chance ». Il est 10 h 30, hier matin, en plein océan Indien, quand, à 1.500 km de la première terre, un semi-rigide de la frégate australienne, arrivée sur zone à 10 h, accoste Generali. 48 heures que Yann Eliès attend ce moment-là.


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Civière-coquille et casque sur la tête
De son monocoque Safran, Marc Guillemot, 49 ans, assiste au sauvetage de son copain, le tout en liaison directe avec le PC Course à Paris. Dans un premier temps, Guillemot voit les militaires australiens mettre un semi-rigide à l'eau avec cinq hommes à bord. Très vite, deux personnes, dont un médecin, montent sur Generali. Après lui avoir prodigué les premiers soins d'urgence, le médecin et le militaire installent Yann Eliès dans une civière-coquille. « J'ai vu le transfert du monocoque vers le semi-rigide. L'opération n'était vraiment pas facile, parce que si le vent n'était que de 9-10 noeuds, la mer restait encore forte avec une grosse houle ».


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Les larmes de Guillemot
Quelques minutes plus tard, Yann Eliès, casque sur la tête et bien calé dans la civière, est transféré à bord de la frégate. Pour le plus grand bonheur de Guillemot : « Il est enfin entre de bonnes mains, c'est génial. C'est trop fort, un vrai moment de fête. Ça y est, Yann est sur la frégate ! C'est hyperémouvant, énorme (il se met à pleurer)... On joue les gros durs à faire le Vendée Globe, mais là, je craque ». Comme par magie, des dauphins viennent jouer et sauter dans tous les sens au moment où le marin blessé est en transfert entre son monocoque rouge et blanc et la frégate. « C'était magique ».
Le cadeau des Australiens
Très ému et surtout fatigué après 48 heures d'assistance psychologique, le marin de Saint-Philibert reçoit alors un cadeau inattendu de la part des sauveteurs australiens : « Ils m'ont offert un carton avec du pain, des oranges, une bouteille de vin rouge et un bonnet de la marine australienne que je me suis empressé de mettre sur ma tête. Ces types-là ont géré le sauvetage de façon somptueuse. Le sauvetage de Yann, c'est mon cadeau de Noël ». Après toutes ces émotions fortes, Guillemot part dormir un peu, afin d'évacuer le stress lié au sauvetage. Puis, il reprend le fil de la course (lire en sports) et met le cap vers Les Sables-d'Olonne. Devant ses étraves, quarante jours de mer. De solitude.
Premiers mots pour sa famille
Quant à Yann Eliès, il est actuellement entre les mains des médecins de la frégate médicalisée qui fait route vers Perth, en Australie. Selon Erwan Steff, directeur du projet Generali, le Briochin a pris conscience que son sauvetage n'était qu'une étape. « Yann veut être certain de récupérer le potentiel de sa jambe à 100 %. Tant qu'il n'en sera pas sûr, il ne s'exprimera pas. Ses premiers mots seront pour sa famille ». Sa famille qui, hier midi, a poussé un énorme ouf de soulagement.

  • Philippe Eliès

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