5 février 2009
Alors qu'Armel LeCléac'h se remettait doucement d'une nuit infernale, l'Autrichien Norbert Sedlacek a doublé le cap Horn, hier.
«Décidément, ça se mérite d'arriver aux Sables d'Olonne», lâche Armel Le Cléac'h, à la vacation du jour où il a raconté sa nuit dantesque avec son «Brit Air» qui a encaissé jusqu'à 60 noeuds de vent sur une mer déchaînée. «Ce sont les pires conditions que j'ai rencontrées depuis le début de ce Vendée Globe. Une nuit chaotique avec de gros grains et des éclairs. J'ai croisé des cargos qui n'en menaient pas large non plus, ballottés de gauche à droite. Les vagues étaient très grosses entre sept et neuf mètres de creux.»
«Les 40es rugissants de l'hémisphère nord»
Le skipper de «Brit Air» a donc passé une nuit blanche et stressante sur le qui-vive: «J'étais dans le cockpit dans une zone de stand-by, en combinaison de survie. Et dès que les grains arrivaient, ça rentrait très fort. J'étais sous grand-voile à trois ris avec rien devant et, à certains moments, le bateau partait à 20noeuds. Le skipper est un peu fatigué mais le bateau est en forme, c'est le principal», expliquait-il, heureux d'avoir esquivé et évité la casse dans ce dernier guet-apens particulièrement rude: «C'était les 40es rugissants de l'hémisphère nord», plaisantait-il alors que les conditions commençaient à s'apaiser un peu.
Un podium disputé
Malgré ce violent coup de tabac entre les Açores et le Cap Finisterre, le benjamin (31 ans) avait tout de même bien progressé et était à 741 milles du but, hier à 16h. Il espérait boucler son premier Vendée Globe vendredi dans la soirée ou samedi matin. Au milieu de l'Atlantique nord, la bataille est tactique et toujours indécise entre Samantha Davies («Roxy») et Marc Guillemot («Safran»). La Britannique, qui privilégie la route directe, progressait hier au près dans un flux de nord-est soutenu sur une mer formée. «Roxy» plafonnait à 10noeuds mais a augmenté son avance par rapport à «Safran» qui poursuit son option ouest pour contourner l'anticyclone des Açores.
Un Autrichien au Horn
Loin de ces préoccupations, Raphaël Dinelli avait prévu une escale aux Malouines à Port Stanley où Marc Guillemot s'était arrêté. Le Sablais devait monter en tête de mât pour résoudre son problème de drisse de grand-voile. Pendant ce petit stop, il recevra des médicaments (anti-inflammatoires et antibiotiques). Une assistance médicale autorisée par le règlement et décidée par le DrChauve afin d'éviter un problème futur plus aigu. Dinelli souffre en effet de tendinites chroniques depuis plusieurs semaines. La journée d'hier a enfin été marquée par le passage de Norbert Sedlacek au cap Horn. L'Autrichien a doublé le cap mythique à 15h 07', soit 30j 10h57' après le vainqueur Michel Desjoyeaux. Les dix marins encore en mer sont désormais tous en Atlantique.
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