30 décembre 2008 à 15h54
Fidèle à sa réputation, l'Indien enchaîne les coups de chien. Dans les heures à venir, l'arrière de la flotte du Vendée Globe risque d'être aux prises avec des vents très forts tandis qu'à l'avant la régate bat son plein.
Les quatre figaristes sont toujours au coude à coude dans l'océan Indien. Desjoyeaux, Jourdain, Josse et Le Cam régatent dans le sud. A fond. Un esprit de compétition intact pour une édition qui invite les terriens à suivre, heure par heure, un scénario à rebondissements. D'où un décalage entre les excitations liées aux soubresauts d'un incroyable match et les rappels, quasi quotidiens dans cet Indien, de la violence des mers australes. Ils sont nombreux à y avoir laissé des plumes.
Une route à hauts risques
Un bilan douloureux mais redondant. Depuis la première édition, les bateaux n'ont cessé d'aller plus vite, de s'alléger, de se fiabiliser. Pour autant le Vendée Globe n'a jamais laissé passer tout le monde (*) et les péages sont nombreux : Gascogne, Indien, Pacifique. Surtout l'Indien. Dans ces parages, ça passe ou ça casse. Certains y vont pleine balle, d'autres lèvent le pied en attendant des mers plus maniables. Vincent Riou, qui n'a rien d'un « bleu », est de ceux-là. « Je n'ai pas voulu jouer avec eux en mettant le coup d'accélérateur à tout prix au début. Ce n'est pas maintenant que je vais le faire. » Une position qui ne l'empêche pas de viser la tête du podium. « J'attends les bonnes fenêtres. Je sais d'expérience qu'au sud de la Nouvelle-Zélande, on peut avoir des surprises en termes de météo. » N'empêche qu'en attendant, les quatre premiers font le spectacle, et pourraient bien pulvériser les temps de références. Mais la route est longue et le ressort du suspense bien tendu.
Temenos et sa quille fragile
Un peu plus à l'arrière, certains n'ont pas les mêmes jouets pour se frotter aux premiers mais forcent le respect. A commencer par Samantha Davies ou Arnaud Boissières skippers de « vieux » bateaux et auteurs de bien beaux sillages. Mais depuis les annonces des dernières fortunes de mer, l'heure était également, pour eux, à la réflexion. « J'ai eu beaucoup de vent ces dernières heures et je dévalais des pentes hautes comme des montagnes. On se demande toujours comment on va arriver en bas mais depuis que j'ai appris pour Mike (Golding), je navigue plus cool. Et puis, j'ai confiance en mon bateau », expliquait Samantha. Une confiance associée à un plaisir d'être en mer toujours aussi présent pour la jeune navigatrice. Un bonheur perdu pour Dominique Wavre qui était, hier, en mauvaise posture. Sans demander assistance, il avait émis un message d'urgence. En effet, la réparation effectuée sur sa quille aux Kerguelen n'a pas tenu et alors que le skipper évoluait dans une mer croisée et un vent oscillant entre 30 et 40 noeuds, il ne pouvait envisager un retour aux Kerguelen. Hier, le Suisse avait préparé son kit de survie. Pour autant, il espérait trouver des conditions plus maniables, prévues aux alentours du 46 e sud, afin de se tirer de ce mauvais pas. * 1989-90 : 7 classés ; 2 hors course ; 4 abandons. 1992-93 : 7 classés ; 1 hors course ; 5 abandons ; 1 disparu. 1996-97 : 6 classés ; 2 hors course ; 7 abandons ; 1 disparu. 2000-01 : 15 classés ; 3 hors course ; 6 abandons. 2004-05 : 13 classés ; 2 hors course ; 5 abandons .
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