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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Un rythme fou ! (14/12/2008)

30 décembre 2008 à 15h54

Jean-Pierre Dick imprime un rythme toujours soutenu en tête mais certains ont haussé la cadence, notamment Jourdain et Le Cam qui ont tenu plus de 20 noeuds de moyenne sur une heure. Quel rythme !

Aux commandes depuis cinq jours, Jean-Pierre Dick avait nié tout désir d'aller chercher un record des 24 heures. Mais avec 448, 5 milles abattus vendredi en fin d'après-midi, il a signé la meilleure performance sur l'épreuve (1) et titillé de 20 milles le record absolu en solo de la classe Imoca.
Dick, le scientifique
Lancé à pleine vitesse dans l'océan Indien, le skipper de Paprec Virbac n'accorde qu'une importance relative à ce chrono sur 24 heures. Son rêve, c'est d'être le premier à couper la ligne d'arrivée aux Sables, début février. Après un rude Vendée Globe initiatique bouclé à la sixième place, il est revenu avec un nouveau plan Farr, construit en Nouvelle-Zélande, et des ambitions déclarées. Mieux armé, confiant dans la fiabilité de sa machine, il impose un tempo soutenu dans ce déboulé vers la porte de sécurité australienne. Mais dans ce flux de Nord-Ouest puissant sur une mer formée, il n'est pas le seul à accélérer. Hier après-midi, Roland Jourdain, qui avait chipé la deuxième place à Mike Golding, a tenu une moyenne de 20,4 noeuds, ce qui signifie des séquences répétées à 25-26 noeuds. Bonjour les surfs !
Jourdain et Le Cam à l'attaque
Le Cornouaillais, qui a l'expérience du Sud, et son Véolia sont à fond dans le match. « Il y a du vent, 25 à 35 noeuds, et cela nous donne un peu de travail pour avoir la bonne combinaison. Je n'aime pas les mers qui font souffrir les bateaux et donc je réduis, je renvoie la toile. » Malgré le froid qui tétanise les muscles, « Bilou » a pas mal oeuvré sur le pont. Ce marin d'expérience essaie aussi de rester détaché par rapport aux classements. « Cinq bateaux en 50 milles, il ne faut pas être cardiaque ! On savait que ce serait serré comme cela. Quant au rythme trop soutenu ou non, chacun connaît sa machine, les allures où elle est à l'aise et s'adapte en fonction. » Et hier, Jean Le Cam a trouvé que ces conditions dans l'Indien étaient propices pour cravacher son 60 pieds rose. Déjà très rapide le matin (19,8 noeuds de moyenne), VM Matériaux a tenu une moyenne supérieure à 20 noeuds sur une heure. Un peu plus en retrait dans la hiérarchie que son copain Jourdain, le « roi Jean » s'est dit qu'il ne fallait peut-être pas trop laisser l'élastique se tendre et le déficit de milles gonfler. « J'essaie de garder un rythme convenable. En ce moment, ça marche pas mal, le bateau passe relativement bien. On essaie de ne pas se faire trop distancer car on ne sait pas de quoi le futur sera fait », expliquait -il.
Riou : « Deux écoles »
Sébastien Josse avait, lui aussi, haussé la cadence avec son plan Farr BT pointé à 100 milles du leader, hier après-midi. Indéniablement, le rythme s'est accéléré et le retard pris dans la descente de l'Atlantique sera vite comblé. « On va deux noeuds plus vite qu'il y a quatre ans », observait Vincent Riou (PRB), pour lequel « il y a actuellement deux écoles sur la flotte ». Le vainqueur de la précédente édition, relativement prudent, est relégué à 200 milles mais ne s'affole pas. « Avec la météo à venir, cela va tamponner et le coup d'élastique pourrait jouer dans l'autre sens. » L'effet d'entonnoir à la porte australienne devrait compresser les positions. « Du Nord, du Sud, on va retrouver les copains », concluait Jourdain. Et la régate repartira de plus belle ! (1) 434 milles par Roland Jourdain dans le Vendée 2004 avec Sill Véolia.

  • Gilbert Dréan

Avarie de safrans pour Stamm : la poisse des marins suisses

La scoumoune poursuit Bernard Stamm, obligé de se dérouter à cause de problèmes de safrans. Il pourrait s'arrêter aux Kerguelen, où est arrivé Dominique Wavre. Triste week-end pour les marins suisses.

Hier matin, Bernard Stamm a appelé la direction de course et révélé que ses deux safrans étaient endommagés au niveau des fixations des paliers. « J'entendais des grincements pas sympas au niveau des safrans. J'en ai relevé un pour l'inspecter et j'ai vu que les roulements des paliers bas des safrans étaient cassés et forçaient pour sortir. Depuis, ça s'est dégradé et, en une heure, tous les roulements sont partis », a-t-il précisé lors d'une vacation, hier après-midi.
Wavre à Kerguélen
Du coup, il avait réduit la toile de Cheminées Poujoulat et progressait à vitesse réduite sous grand-voile à deux ris et trinquette. Et, pour corser le tout, une tempête australe était annoncée sur la zone où il se trouvait. « Je vais me pencher sur la météo parce qu'avec un bateau blessé dans le gros temps annoncé, c'est dangereux. » Bernard Stamm n'était pas très optimiste sur la possibilité de réparer lui-même les articulations de ses safrans. Le Suisse, lancé dans une folle course-poursuite après son retour aux Sables suite à une collision avec un cargo, pourrait, à son tour, jeter l'éponge. Il envisageait de faire route vers Fremantle, en Australie, sauf si le bateau cessait d'être manoeuvrant. Auquel cas il pourrait s'arrêter aux îles Kerguélen où Téménos 2, victime d'une avarie de quille, s'est amarré hier matin dans la baie du Morbihan devant Port aux Français. Avec l'aide des scientifiques et marins installés sur cet archipel, Dominique Wavre espère réaliser une réparation provisoire pour fixer sa quille et ensuite mettre le cap sur l'Australie.
Tempête australe
Pour les marins suisses, c'est un sombre week-end. Cette semaine, par ailleurs marquée par le démâtage de Loïck Peyron, a été noire. La casse fait partie du jeu et elle a déjà fait son travail de sape au sein de la flotte. Elle est une épée de Damoclès permanente. Hier matin, Marc Guillemot (Safran) a raconté la grosse frayeur vécue il y a quelques jours suite à un choc avec un gros mammifère marin. Hier, les solitaires étaient sur le qui-vive car une méchante tempête australe était annoncée. Des rafales à près de 60 noeuds devaient balayer la flotte et creuser encore la mer. Et, pour faire monter encore l'adrénaline, il y a le stress des glaces. Hier, Samantha Davies (Roxy), un peu fascinée, a croisé et photographié un iceberg d'une centaine de mètres par 51° 24 Sud. Nuit blanche et frissons garantis. Brrr !

  • G. D.

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