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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Un rythme effréné (Le 15/11/08)

30 décembre 2008 à 15h54

Voilà six jours que les solitaires sont en mer. Et, hormis Desjoyeaux et Stamm, qui ne sont pas à leur place, les premiers milles sont déjà riches d'enseignements : les gros bras sont devant et impriment un rythme d'enfer.

- « Et si les plans Kouyoumdjian, puissants et lourds, mettaient tout le monde d'accord ? » - « Les Finot-Conq sont-ils toujours compétitifs ? » - « Un "Safran" signé Verdier - Van Peteghem - Lauriot-Prévost peut-il créer la surprise ? » - « Et les deux Lombard, revus et corrigés, de Le Cam et Jourdain seront-ils dans le match ? » Avant le 11 novembre à 13 h 02, tout avait été dit et écrit sur les forces en présence. Sur les skippers bien sûr. Sur les montures aussi.

Farr - Finot : pas de différence

Avec cette question qui taraudait tous les esprits : puissance ou légèreté ? Comme si un tour du monde en solitaire se limitait à une simple question de poids. Alors, après six jours de mer, qu'a-t-on vu ? Presque rien lors des premiers milles dans le golfe de Gascogne ! Normal, car entre les Sables et le cap Finisterre, la grande majorité des skippers n'a pas régaté : ils étaient tous en mode « survie ». Pour la seconde partie, c'est-à-dire du cap Finisterre jusqu'aux Canaries, disputée au portant, les différences sont infimes : par exemple, « Brit Air » (plan Finot) et « PRB » (plan Farr) sont bord à bord depuis deux jours.

Les Kouyoumdjian en retrait

« On a tous dépensé des neurones pour concevoir nos bateaux neufs, mais, au final, on arrive tous à peu près à la même chose », disait Kito de Pavant avant de partir. Hélas, le Méditerranéen n'a pas eu le temps de montrer tout le potentiel de son « Groupe Bel ». Annoncés comme des avions de chasse au reaching, les deux plans Kouyoumdjian, « Pindar » et « Artémis », n'ont pas encore eu les conditions pour s'exprimer pleinement. Cependant, une évidence saute aux yeux : les deux Anglais ne jouent pas dans la même cour. Johnny Malbon (« Artémis ») est en phase d'apprentissage tandis que Brian Thompson (« Pindar »), si talentueux soit-il, ne semble pas encore avoir trouvé le mode d'emploi.

Les Lombard dans le coup

La bonne surprise de ce début de course vient de deux autres Britanniques, les « ladies » Sam Davies et Dee Caffari. La première avec un « vieux » bateau (ndlr : le plan Finot avec lequel Riou et Desjoyeaux ont gagné le Vendée Globe) va d'ailleurs aussi vite que la seconde, qui mène un plan Owen Clarke neuf. Le même que son compatriote Mike Golding (« Ecover ») légèrement en retrait pour l'instant. L'autre confirmation, c'est le très bon comportement de « Veolia » et « VM Matériaux », plans Lombard sortis du même moule en 2004. Avec son « Veolia », complètement relooké de la tête aux pieds - pardon de la tête de mât à la quille !-, Jourdain s'est vite rassuré. Tout comme son compère Jean Le Cam qui s'était montré peu disert sur les changements opérés sur son monocoque rose, esquivant même les questions trop indiscrètes.

Ne pas s'emporter

Bien calés dans les alizés de nord-nord-est (15-20 noeuds), les leaders imposent un rythme soutenu (à 15-17 noeuds de vitesse moyenne) que certains ne veulent pas suivre : Beyou (lire ci-dessous) l'a clairement dit hier à la vacation. Jourdain se pose des questions : « Là, ça glisse bien mais je ne mets pas la poignée à fond. Il ne faut pas qu'on s'emporte tous ! Moi, je préfère mollir si ça forcit », avouait hier le skipper de « Veolia ». Sur un tour du monde qui dure trois mois, il faut savoir lever le pied. Sur tous les plans...

  • Philippe Eliès

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