20 janvier 2009
Elle est jeune, 34 ans, elle est britannique, elle est skipper et elle fait un festival dans le Vendée Globe. Non, ce n'est pas Ellen MacArthur. Elle, c'est Samantha Davies et on n'a pas fini d'en entendre parler.
La comparaison est inévitable. Il y a huit ans, on découvrait sur le Vendée Globe, une «petite Anglaise» brune, qui faisait sensation en terminant deuxième: Ellen MacArthur. Cette année, c'est une autre Britannique qui fait son show. Elle est blonde avec des couettes et elle s'appelle Samantha Davies. Pour l'instant quatrième, elle réalise un très joli parcours à la barre du 60 pieds double vainqueur du tour du monde en solitaire l'ex «PRB» de Michel Desjoyeaux puis Vincent Riou. Dynamique, pétillante, souriante, volontaire, spontanée, heureuse d'être en mer, Samantha Davies est tout ça à la fois. Jeanne Grégoire qui a navigué avec elle sur le circuit Figaro (l'Ag2r en 2003 sur Figaro et la Jacques Vabre en 2007 sur 60 pieds) se rappelle: «En 2003, elle a débarqué sur le circuit Figaro, et l'hiver de cette même année, elle s'est installée dans le Sud-Finistère à cinq minutes à peine de chez moi. Elle ne parlait pas un mot de français. Je crois que c'est là que nous sommes devenues vraiment amies».
Une tête bien faite
Jamais depuis le départ, «Sam», comme l'appellent affectueusement ses amis, n'a semblé avoir de coups de blues. «Elle a vraiment une approche anglo-saxonne: c'est jamais mal», lance Christian Le Pape, directeur du centre d'entraînement de Port-la-Forêt qu'elle a intégré il y a cinq ans. En effet, à peine avait-elle mis le pied en France qu'elle avait déjà trouvé le cap de Port-la-Forêt et de son «université de la voile». «Elle est arrivée au centre après son premier Figaro (2003). On l'a prise à l'essai. Ça s'est bien passé et elle est restée», explique-t-il. Elevée au rythme des vagues de Portsmouth au sud de l'Angleterre où elle a navigué avec ses parents avant même de savoir marcher, cette ingénieur en mécanique - elle a décroché son Master à Cambridge- a la tête bien faite.
La femme aux chaussettes rouges
Attachante, toujours positive, celle qui n'oublie jamais une paire de chaussettes rouges, en hommage à son idole Peter Blake, sait tirer profit de toutes les situations. «Sur un bateau avec Sam, tout se fait sans souffrance. Il n'y a jamais un mot plus haut que l'autre. Même quand on fait des mauvais choix ou de mauvaises manoeuvres, elle trouve quelque chose de positif à en retirer», ajoute Jeanne Grégoire. Même le professeur Michel Desjoyeaux s'est pris de sympathie pour elle. Il y a quelques jours à la vacation en anglais, il livrait ces quelques mots: «Je communique beaucoup avec Sam non pas parce qu'elle barre mon ancien bateau mais parce qu'elle est sympathique. Et que j'aime ce qu'elle fait et ce qu'elle est».
Heureuse et libérée en mer
Si à terre, Sam Davies est plutôt discrète, en mer, elle se libère. Jusqu'à «jouer les mannequins» pour son sponsor en présentant le catalogue été de Roxy au passage de l'équateur et dans le Grand Sud, la collection hiver. «En mer, elle est naturelle, drôle, elle fait l'andouille. Je pense que ce qu'elle fait dans ce tour du monde lui correspond», ajoute Jeanne Grégoire. Christian Le Pape ne dit pas autre chose: «Ce qu'on voit d'elle, c'est ce qu'elle est dans la vie. Elle est toujours sereine. C'est un bonheur de sérénité sur son bateau». Un tour du monde qui, même s'il n'est pas terminé, lui donne déjà des idées: «C'est plus que ce que j'avais pu rêver. Je pensais avoir un tel classement dans quatre ans, quand j'aurai un bateau tout neuf et que je repartirai. Ça fait plaisir d'être 4e même si c'est un peu triste que ce soit à cause de la casse des autres», admet-elle avec son petit accent qui fait tout son charme. Avec le parcours qu'elle réalise, il serait étonnant de ne pas la voir sur la ligne de départ en 2012, avec une monture toute neuve.
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