22 janvier 2009
Desjoyeaux qui file, Jourdain qui cale, Le Cléac'h qui s'accroche à sa troisième place que Guillemot rêve de lui piquer. Ça régate sec dans l'Atlantique.
- « Bah, le Vendée Globe est terminé : il ne se passera plus rien. Desjoyeaux ne peut plus être inquiété », entend-on ici et là. Depuis que la régate pure a repris ses droits, laissant dans son sillage les émotions fortes de sauvetages épiques, le Vendée Globe a semble-t-il perdu de son intérêt auprès du grand public. Et pourtant, la course est loin d'être terminée. Comme le disait si justement Roland Jourdain avant le départ, « la première victoire, c'est d'être au départ du Vendée Globe. La deuxième victoire, c'est de le finir et après seulement, tu comptes le nombre de bateaux qu'il y a derrière toi ».
« Ça m'énerve de voir Mich' se barrer devant ! »
Derrière « Veolia », il y a du monde. Devant, il y a juste « Foncia » qui est reparti au triple galop : « Ah que ça m'énerve de voir Mich' se barrer devant ! » Scotché dans le Pot au Noir, Jourdain assiste impuissant à l'échappée belle de son copain Desjoyeaux. Derrière lui à 600 milles pointe la menace « Brit Air » qui bénéficiera d'une bonification en temps de 11 heures pour avoir participé à l'opération de sauvetage de Jean Le Cam.
Guillemot voit loin
Pour l'heure, Le Cléac'h regarde droit devant lui. Et observe le Pot au Noir. « Comment je vois le Pot ? Ben, je le vois... noir (rires). Il va falloir trouver la meilleure porte pour le franchir ». Le « Chacal » jette de temps en temps un oeil dans son rétroviseur. Il ne voit rien mais, à 800 milles dans son sillage, il y a pourtant un Marc Guillemot avec le couteau entre les dents. « C'est très excitant et motivant de se fixer des objectifs : cela met un peu de piment dans la soupe ! Même si j'apprécie le skipper de « Brit Air », ça me ferait ni chaud ni froid de lui choper sa troisième place », avouait hier le Morbihannais, remonté comme une pendule et motivé comme jamais après l'annonce de son partenaire de se réengager pour les quatre années à venir. Pour fêter la bonne nouvelle, Guillemot avait prévu d'arroser ça « avec une bonne bouteille d'eau sortie du désalinisateur, agrémentée d'un peu de citron ! »
« Rien n'est joué »
Malgré une grand-voile bloquée au deuxième ris, le 60 pieds gris et orange « Safran » avance vite au large des côtes de Rio de Janeiro. Il a repris 200 milles à Le Cléac'h qui a prévenu qu'il ne se laisserait pas faire : « Oh la, la 3 e place, il va falloir qu'il vienne la chercher ! Marco a bénéficié d'une super météo pour remonter l'Atlantique mais on fera le bilan à la sortie du Pot au Noir pour voir les écarts ». A bord de son plan Finot, -« où ce n'est pas la croisière s'amuse »-, Armel le Chacal ne s'énerve pas. « Il reste un bon bout de chemin à parcourir avant l'arrivée. Rien n'est joué, il peut se passer plein de choses, y compris pour les premiers ». Il y a quatre ans, Mike Golding avait perdu sa quille à 50 milles de l'arrivée, ce qui ne l'avait pas empêché de finir 3 e . Lors de la Transat Brésil - Bretagne, Desjoyeaux avait heurté un bateau de pêche et évité le démâtage de justesse pour finir, lui aussi, 3 e . Il reste encore 2.900 milles (5.500 km) à parcourir pour le leader. Un peu plus pour les autres. Le Cléac'h a raison : la course n'est pas finie.
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