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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Nouvelle échappée (09/12/08)

30 décembre 2008 à 15h54

En tête, les écarts se creusent : Riou, Le Cam et surtout Le Cléac'h ont été distancés par Dick, le Sudiste. Jourdain, Peyron, Josse et Golding s'accrochent tandis que Desjoyeaux continue d'agacer tout le monde.

Serait-ce la bonne échappée ? Celle qui pourrait permettre aux leaders de prendre la poudre d'escampette sans craindre un effet d'accordéon derrière ? Pas impossible selon Dick, leader chahuté dans la nuit par un gennaker de 200 m² qui refuse de s'enrouler. « Avec le vent qui grimpait à 30-35 noeuds, c'était chaud. C'était la nuit la plus dure de ma vie ».
« L'Indien, c'est sauvage »
Le vétérinaire s'est battu comme un lion et à passer quatre heures à bricoler. A peine le temps de s'en remettre que son pilote automatique lui a joué un mauvais tour : « Départ à l'abattée, bateau couché à 70° ». De nuit, dans le froid et une eau à 3,3 º... « Quand tu vas à l'avant de ton bateau, que tu te prends une vague en pleine tronche avec 25 noeuds de vent glacial, c'est quelque chose ». Dick le sait : l'Indien est un océan impitoyable où l'homme est juste toléré : « C'est sauvage ». Sauvage et gris surtout. Un paysage qui inspire Loïck Peyron : « Des vagues de 3 à 5 m, une flopée d'oiseaux, dont les grands seigneurs que sont les albatros avec leur si belle science du vol ». Le Baulois reste plus que jamais dans le match : il commence enfin à s'habituer aux longs surfs sur son plan Farr .
« Pas raisonnable »
Egalement dans le coup depuis le départ, Sébastien Josse, qui avoue « s'être bien fait secouer les puces dans la nuit », ne s'emballe pas en voyant les écarts croître : « Comme d'habitude, on va avoir 100 milles d'avance et ça va se réduire après la prochaine dépression ». Le fameux coup de l'élastique. Comme tous ses camarades, Josse a suivi l'impressionnant retour de Desjoyeaux aux avant-postes. Le skipper de « BT » a un avis bien tranché sur la question : « Tenir des moyennes de 18 noeuds et plus, ce n'est pas raisonnable. Moi, c'est 16 noeuds maxi. J'en garde sous le pied car la route est longue. Mais peut-être que je me trompe ! »
Rillettes et vin rouge
Réponse de l'intéressé : « Si je tire trop sur mon bateau ? Mais je tire comme j'en ai envie ! Nos bateaux sont faits pour ça ». En vérité, Desjoyeaux a vraiment carburé pendant trois-quatre jours, histoire de revenir dans le même système météo que les leaders. Depuis son retour, le Forestois s'est calmé. Il n'a pas touché à la barre : « La nuit, je fais même dodo dans la bannette ». Pendant que les autres en bavent la nuit, lui s'offrirait le luxe de bien dormir dans les mers du Sud ? Un brin provocateur, le skipper de « Foncia » en a remis une couche, hier : « Je me demande si c'est le froid qui a mis tout le monde dans cette léthargie-là ». Où comment mettre la pression sur ses adversaires par ondes interposées. A plus de 800 milles du groupe de tête, Arnaud Boissières regarde tout cela avec détachement. Lui, il a franchi le cap de Bonne Espérance pour la première fois de sa vie, hier. Comment a-t-il fêté cela ? « Ben avec des rillettes de canard, du pain grillé et un verre de vin rouge ». Le bonheur quoi !

  • Philippe Eliès. 09/12/08

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