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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Les chevaux de bois (25/11/08)

30 décembre 2008 à 15h54

Au large des côtes brésiliennes, la tête de la flotte poursuit sa descente vers le sud. Pour l'heure, les bêtes de course avancent comme des chevaux de bois.

Disons-le tout net : il ne se passe pas grand-chose en ce moment sur le Vendée Globe. Dans l'alizé, tous soignent leur vitesse et leur cap. Même Loïck Peyron avouait hier une certaine routine à bord : « Cette descente de l'Atlantique sud est longue. Cette partie de course, à la descente comme à la remontée, est assez routinière ».
Une douche au poil
En tête depuis douze jours, le skipper de « Gitana Eighty » fait comme ses petits camarades de jeu : il laisse le pilote avaler les milles au près, dans une mer hachée et un alizé qui, parfois, prend quelques tours. Sans prévenir comme l'explique le leader : « Le vent a brutalement tourné dans la bonne direction ». Son fidèle second, à savoir Sébastien Josse a, lui aussi, vu Eole monter d'un cran sur l'échelle Beaufort : « 20-25 noeuds et "BT" qui file à 18-20 noeuds. C'est plus rapide mais c'est plus humide aussi ». Humide également le pont avant de « Generali ». Du coup, Yann Eliès n'a pas résisté... « Je suis allé direct à l'avant dans les embruns et j'ai pris une bonne douche. A poil ! C'est un petit privilège et j'ai vraiment apprécié ».
Anticyclone droit devant
Au large des côtes brésiliennes, la température de l'eau reste très agréable et il faut en profiter car dans quelques jours, le décor ne sera pas du tout le même. D'ailleurs hier, Jean-Pierre Dick s'y voyait déjà dans les mers du Sud. « A nous les grands albatros ! », a-t-il lâché à la vacation. Avant les 40 e s Hurlants et les 50 e s Rugissants, les solitaires vont devoir négocier l'anticyclone de Sainte-Hélène, immense piège météo de l'hémisphère sud. Sébastien Josse a les yeux rivés sur cette zone : « L'anticyclone se trouve actuellement juste en face de nous mais devrait retrouver sa place initiale dans l'est dans les jours à venir. C'est parfait, on va pouvoir passer tout droit ».
Passage à niveau ?
Peyron, lui, ne sait plus à quel saint se vouer. A Sainte-Hélène, il se demande s'il y « aura un passage à niveau ? C'est possible... » Dans ce cas, ça arrangerait bien les affaires de Michel Desjoyeaux qui s'interroge « sur les options que prennent les leaders... ». Le skipper de « Foncia » devine que la situation ne sera pas « pareille dans six jours ». Dans six jours, on ne sait pas, mais, depuis quatre jours, c'est à une course « chevaux de bois » à laquelle on assiste. « Moiteur dedans, embruns dehors », raconte le Suisse Dominique Wavre, obsédé par les cadrans du bord : « Cap, vitesse, réglage du pilote... » La routine, quoi ! Allez, vivement que l'anticyclone de Sainte-Hélène vienne semer une belle zizanie.

  • P. E. 25/11/08.

Jérémie Beyou : arrêt à Recife

Hier, Jérémie Beyou a annoncé qu'il faisait cap non plus vers Salvador de Bahia mais vers Recife, port de commerce distant de 195 milles.

Dimanche soir, le skipper de « Delta Dore » a réussi à monter dans le mât : « La barre de flèche tournait sur elle-même et je n'ai pas pu l'attraper de peur de me faire décapiter. A 17 m de haut, avec de la houle, c'est vraiment chaud. C'est le tang (ndlr : pièce mécanique qui fixe la barre de flèche sur le mât) qui est cassé net. Le gréement dormant aussi est endommagé. Depuis, j'ai constaté que la troisième barre de flèche, à 21 m, avait lâché aussi. Le mât est donc beaucoup moins tenu et j'ai passé beaucoup de temps à faire des renforts. J'ai utilisé les drisses pour faire le tour des bastaques et les maintenir. Il faudrait monter en tête de mât mais je dois attendre que la mer soit plate ». Vu la fragilité du mât, Jérémie Beyou a donc décidé de se dérouter sur Recife, plus proche que Salvador de Bahia. Il devrait atteindre le port brésilien à l'aube demain. Il tentera alors de mouiller, si les autorités portuaires l'y autorisent. Deux membres de son équipe à terre se sont envolés hier soir pour Recife afin de faciliter les démarches sur place.

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