29 janvier 2009
Pendant que Michel Desjoyeaux cavale sur la voie royale, Roland Jourdain a connu milles misères pour s'extirper des griffes de l'anticyclone de Sainte Hélène.
«Je ne sais pas quel trousseau de clés Mich (Desjoyeaux) a piqué mais depuis notre arrivée dans l'Atlantique, il ouvre la porte du système météo et derrière il la referme à double tour. C'est pas très sympa», expliquait hier Roland Jourdain empêtré dans l'anticyclone des Açores. Dans ce type de situation, il convient de rester zen et de prendre les choses avec humour. Le skipper de Véolia n'en manque pas et c'est même sa parade dans ces moments difficiles. Mais au plaisir de la veille avait succédé une certaine frustration au sortir d'une nuit où son monocoque avait affiché une vitesse de l'ordre de 3 noeuds. Le speedomètre était en berne mais pas le moral du marin qui s'appliquait à relancer sa machine. Comme il le redoutait, ce fameux anticyclone des Açores a été plus compliqué à franchir pour lui que pour le leader et cela avait déjà été le cas avec le Pot au Noir. Le Quimpérois a eu le droit à la double peine.
Desjoyeaux silencieux
L'adage de la course au large, qui veut qu'être devant rend encore plus intelligent, se vérifie. Car pendant que son dauphin était à la peine sur un glacis atlantique, le leader Foncia propulsé par un bon vent de sud-ouest progressait à plus de 15 noeuds vers le but. Michel Desjoyeaux, joint juste quelques minutes à la vacation, n'imprimait pas un rythme forcené compte tenu des conditions où il évoluait. Pour aller chercher sa deuxième couronne dans le Vendée Globe, il a logiquement choisi de jouer la prudence. Encore qu'il soit obligé de maintenir une certaine cadence pour échapper à du mauvais temps, puis à des vents soutenus de nord-est dans son approche finale des Sables-d'Olonne.
Gare au «Chacal»
Sa marge de manoeuvre déjà confortable n'a fait que s'amplifier et, hier à 16heures, son avance sur Véolia était de 757 milles. Pour l'honneur, Roland Jourdain aurait bien aimé être plus au contact dans ce final: «Cela aurait eu plus de gueule qu'on soit à 100 milles l'un de l'autre. La météo en a décidé autrement mais ma rencontre avec la baleine m'a rendu philosophe», précisait le skipper de Véolia, qui regardait tout de même dans le rétroviseur pour se garder d'un retour d'Armel Le Cléac'h (Brit Air). Même si celui-ci sera confronté à l'obstacle anticyclonique açorien, la menace du «Chacal», toujours à l'affût d'une proie, n'était pas si virtuelle. Hier après-midi, il était à 300 milles de Jourdain (1) qui avait relancé son monocoque rouge à plus de 10 noeuds. De quoi respirer un peu mieux.
(1) Le skipper de Brit Air a en plus une bonification de 11h pour son assistance à Jean Le Cam.
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