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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Le plaisir de la glisse (13/11/08)

30 décembre 2008 à 15h54

Après les montagnes russes du Golfe de Gascogne place à la glisse sous le soleil. Sébastien Josse emmenait, hier, la meute qui plongeait sur Madère.

Après la guerre du Golfe (de Gascogne) qui a laissé des traces et éliminé quelques gros clients de ce sixième Vendée Globe, la course a pleinement repris ses droits dans des conditions agréables. Hier, après avoir récupéré du stress et du mal de mer et fait le ménage à bord, les solitaires savouraient les conditions de glisse au portant sous le soleil sur une mer enfin assagie. « Un peu de glissade et c'est bien agréable. La femme de ménage est passée dans la véranda, elle a étendu le linge. La lune éclaire bien les voiles et c'est une belle nuit à vivre en mer ; quelques cargos, quelques dauphins, un peu de musique... Bref, c'est top ! », confiait, dans un petit email du matin, Arnaud Boissières (« Akena Vérandas »), sorti sans encombre de ce premier round de furie.
Josse chef de file
La régate n'en perdait pas pour autant ses droits pour des solitaires désormais entrés dans le rythme de ce tour du monde. Une première bataille stratégique se jouait en tête. Pour les leaders, il s'agissait de négocier au mieux leur empannage au large de l'archipel de Madère. Hier, Sébastien Josse (« BT »), qui s'était décalé dans l'est, était le premier de cordée depuis la fin de matinée. Le skipper de « BT » progressait à 12-13 noeuds sous spi. « Pour le moment, les conditions météos sont plaisantes : 15-20 noeuds au portant avec une houle de deux mètres... Maintenant, la vie à bord est nettement meilleure. C'est la première fois que j'ouvre mes sacs quotidiens de nourriture et j'ai pris mon premier repas chaud hier soir (mardi soir). Je suis heureux d'être premier, mais il va falloir attendre l'empannage pour voir exactement ce qu'il se passe. Il se peut que le groupe de poursuivants me repasse devant. Mais le plus important est que je sois dans le top 5. Le reste, on verra plus tard... », confiait-il. Jean-Pierre Dick, calé dans l'ouest avec plusieurs autres concurrents, était deuxième. A la faveur de la bascule au nord-est, le skipper de « Paprec Virbac 2 » était donc susceptible de reprendre les rênes à court terme.
Le Cam à l'attaque
Suivaient Loïck Peyron (« Gitana Eighty »), Roland Jourdain (« Véolia »), et Jean Le Cam (« VM Matériaux ») revenu comme un avion dans le peloton de tête. Après avoir esquivé la tempête, le « roi Jean », un peu en retrait dans ce premier acte tumultueux, avait à la fois retrouvé son appétit pour engloutir un cassoulet au menu du jour et son appétit de compétiteur. Sous spi, le 60 pieds fuschsia, également à l'est, dévorait les milles et avait grappillé quatre places en l'espace de quatre heures pour pointer au cinquième rang à une quinzaine de milles du leader à 16 h. « Le bateau est « chargé » (ndlr : très toilé) et il faut être dessus. Je suis pieds nus et sans ciré à la barre. Il fait bon sous les nuages et tout va bien », confiait un Le Cam retrouvé. Cette journée avec l'attente de la rotation du vent était hautement tactique. Cet empannage était important pour la suite, chacun cherchant à trouver le meilleur angle pour glisser le long de l'anticylone des Açores, parer Madère et filer vers les Canaries bâbord amure. Le tout en pensant déjà au Pot au Noir. Pas de quoi troubler les bizuths. « Je ne pense pas que la course se joue là », lâchait Jérémie Beyou (« Delta Dore ») serein et parfaitement dans le match tout comme son copain de la baie de Morlaix Armel Le Cléac'h (« Brit Air »).

  • Gilbert Dréan. 13/11/2008.

Le pointage à 16h00 GMT.

Les cinq premiers :
1. Loïck Peyron (FRA/Gitana-Eighty) à 22.570,3 milles de l'arrivée
2. Sébastien Josse (FRA/BT) à 13,6 du premier
3. Jean-Pierre Dick (FRA/Paprec-Virbac) 18,2
4. Jean Le Cam (FRA/VM-Matériaux) 24,1
5. Roland Jourdain (FRA/Veolia Environnement) 52,9

ALEX THOMSON DE RETOUR AUX SABLES Arrivé aux premières heures du jour, hier, devant les Sables-d'Olonne, Alex Thomson (« Hugo Boss ») a dû attendre jusqu'à midi que la marée monte pour embouquer le chenal. Une nouvelle course contre le temps s'est engagée pour l'équipe technique afin de colmater la voie d'eau et réparer les zones endommagées. Au programme : démâtage du bateau puis mise au sec de la coque avant auscultation. L'architecte Pascal Conq est venu constater l'ampleur des dégâts et voir si la collision avec un chalutier il y a trois semaines côté tribord pouvait avoir eu des répercussions côté bâbord. Si le Britannique repart, ce sera juste pour boucler son Vendée. Une grosse déception compte tenu de ses ambitions. DEJEANTY INDÉCIS Avec des fissures importantes sur le pont, Jean-Baptiste Dejeanty reste encore incertain quant à la possibilité d'un nouveau départ, à cause du délai nécessaire pour effectuer une réparation solide, mais aussi pour des raisons de sécurité. Un vrai dilemme pour le jeune skipper de « Maisonneuve », arrivé aux Sables hier à 1 h du matin. « En soi, ce chantier ne présente aucune complication technique. Le problème, c'est le temps que prendra la réparation. Sur ce type d'intervention, il faut respecter des processus de collages successifs de préférence au sec et au chaud ». Une équipe technique de sept personnes a aménagé un chantier bâché sur le bateau, et entamé un travail de découpe sur les zones fissurées au milieu du monocoque. DE PAVANT ET BESTAVEN À BON PORT LA NUIT PASSÉE ? Marc Thiercelin (« DCNS »), qui avait démâté mardi matin, est arrivé à la Corogne où il a été rejoint par une partie de son équipe technique. Kito de Pavant (« Groupe Bel ») et Yannick Bestaven (« Aquarelle.com »), très dépités suite au démâtage de leurs 60 pieds respectifs, étaient attendus la nuit passée aux Sables-d'Olonne. BERNARD STAMM : DÉPART DANS LA NUIT Bernard Stamm, revenu à la case départ suite à une collision avec un cargo quelques heures après le départ, croisera peut-être Kito de Pavant et Yannick Bestaven. Son équipe technique poursuivait sa course contre la montre pour remettre en état « Cheminées Poujoulat » pour qu'il puisse reprendre la mer. Hier après-midi, le 60 pieds avait été remâté. Bernard Stamm espérait quitter les Sables- d'Olonne la nuit passée. Le Suisse s'élancera dans ce Vendée Globe avec près de quatre jours de retard sur le reste de la flotte.

  • G. D.

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