30 décembre 2008 à 15h54
Après le rythme soutenu des cinq premiers jours, la tête de la flotte a enfin pu souffler, hier, après le passage des Canaries. Sous le soleil, l'heure est au rangement, au bricolage, au repos.
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas sur le Vendée Globe.
Après le passage des Canaries vendredi, l'alizé s'est quelque peu essoufflé ces dernières 24 heures. Du coup, les vitesses moyennes ont, elles aussi, chuté, passant de 17-18 noeuds à 8-10 noeuds. Cette accalmie a été très bien accueillie par les solitaires, ravis de pouvoir souffler un peu.
Le Cam: «Là, c'est top moumoute»
A commencer par le leader, Loïck Peyron, tout content de voir la température extérieure (25°) monter et les «polaires descendre ».
Pas aussi bavard que d'habitude, le skipper de « Gitana Eighty » semblait très occupé. Entre le passage des îles du Cap Vert, dans la nuit de dimanche à lundi, et le Pot au Noir qui se profile ensuite à l'horizon (ndlr : il devait y entrer mardi soir ou mercredi matin), le Baulois sait qu'il ne va pas chômer. « Ce sera une bagarre dans des vents faibles», devine-t-il.
Son concurrent le plus proche, Jean Le Cam, était lui beaucoup plus enjoué à la vacation : «Le temps ? Ah là, c'est nickel, "top moumoute ". Sinon, je bricole : là, j'étais en train de faire un peu de résine ». Bricolage, rangement et vérification complète du bateau, tel était le programme de la journée : «On fait un peu de ménage, comme à la maison le week-end ».
A bord de « Brit Air », Armel Le Cléac'h n'était pas fâché qu'Eole baisse d'un cran sur l'échelle Beaufort : « Dix noeuds, parfois 15 noeuds, soleil et mer plate, c'est l'idéal pour sécher le linge, se reposer, se laver, manger ».
Du « tout droit » jusqu'à l'équateur
Légèrement devant lui, Vincent Riou (PRB), l'homme de l'ouest, a passé sa journée à appuyer sur un bouton. Celui qui permet de basculer la quille : « Dans ce type de condition, vent de travers sous génois, c'est presque le seul réglage à faire ».
Jugeant son retard « raisonnable par rapport aux premiers », le tenant du titre ne voit pas de grandes options se dessiner dans les jours à venir : « Ce sera du tout droit jusqu'à l'équateur avec beaucoup de manoeuvres, des réglages et pas mal d'énergie ». L'équateur pourrait être franchi jeudi prochain. A condition, bien sûr, que le Pot au Noir ne soit pas trop étendu.
Deux groupes
Après sept jours de course disputés sur un rythme très élevé, la flotte a commencé à se scinder en plusieurs parties. Le groupe de tête, emmené depuis trois jours par Loïck Peyron, est composé de dix monocoques.
Ces échappés ont, déjà, creusé l'écart sur le groupe des « poursuivants ». Entre Beyou (10e) et Thomson (11e), il y a 80 milles.
Dans le deuxième groupe, Marc Guillemot (Safran), grand perdant de cette fin de semaine, accuse un déficit de 232 milles. C'est beaucoup et peu à la fois.
Michel Desjoyeaux, à 658 milles du leader, et Bernard Stamm, à 1.311 milles, s'en contenteraient volontiers.
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