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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Le Cléac'h : «J'ai hâte d'en terminer»

6 février 2009

A la barre de «Brit Air», Armel Le Cléac'h, le benjamin de ce Vendée Globe, est en passe de décrocher la deuxième place, demain matin. Encore à la peine près du Cap Finisterre, il confie ses sentiments sur son tour du monde, qui touche à sa fin.

  • Armel Le Cléac'h est attendu, demain matin aux Sables-d'Olonne où il devrait prendre la deuxième place : «La dernière ligne droite est vraiment longue». Photo DR


  • Armel, quelles conditions de navigation avez-vous? Le niveau de stress est-il retombé après votre nuit d'enfer?
    «Il y a encore pas mal de mer et de vent fort de 30 à 35 noeuds sous les grains au large du Cap Finisterre. Ce n'est pas l'idéal pour finir. Je suis encore un peu stressé car tout peut arriver d'ici la ligne d'arrivée. Ce sera tendu jusqu'au bout. La dernière ligne droite est vraiment longue. La remontée de l'Atlantique, c'est ce que j'ai trouvé de plus difficile. C'est clair, j'ai hâte d'en terminer».

    Vous n'aviez jamais navigué aussi longtemps: la solitude vous a-t-elle pesé ou au contraire, vous n'avez pas vu le temps passer?
    «C'est vrai que je n'avais jamais passé plus de 20 jours en mer jusque-là et c'était une grande question avant le départ, un saut dans l'inconnu. Il y a eu des moments de blues mais au final, c'est passé assez vite. La descente de l'Atlantique a été prenante parce que c'était au contact avec les bateaux. Le premier mois est passé à toute vitesse. Après, dans les mers du Sud, j'étais concentré sur ces nouveaux horizons que je découvrais».

    C'était votre première incursion dans les mers du Sud en solitaire, comment avez-vous vécu ce baptême?
    «J'ai eu une première phase d'adaptation dans l'Indien. J'ai découvert des conditions de mer et de vent qu'on allait rencontrer pendant un mois. Au début, on est un peu surpris même si je m'y étais préparé. Quand on y est plongé, on se dit cela ne va pas être une partie de plaisir. Mais je me suis adapté à la gestion du bateau dans ces conditions-là. Je suis resté sur une certaine logique un peu conservatrice au niveau de la vitesse. J'ai privilégié la préservation du matériel. Au final, cela a été positif car on faisait partie de ceux qui étaient encore présents au cap Horn».

    Ce Vendée a été une course par élimination, avec beaucoup de casse. «Brit Air» semble bien préservé, y a-t-il des bobos cachés?
    «Il commence à y avoir quelques petits bobos mais les principales pièces du bateau sont en bon état. Après, il y a des petits soucis. Par exemple, je n'ai plus de girouette depuis le Brésil. Pour avoir les variations de vent en force et en direction, c'est comme en dériveur, il faut regarder les penons. C'est tout au feeling et je retrouve mes réflexes de régatier (rires)... C'est normal que le matériel fatigue. Je surveille tous les bruits du bateau. Je suis à son écoute... »

    La place dauphin se dessine, auriez-vous osé rêver d'un tel classement avant le départ. L'objectif était-il aussi élevé?
    «Sincèrement, je ne m'étais pas fixé d'objectif sportif, de classement précis car la route est tellement longue... Partant pour un premier tour du monde sans expérience, je m'étais dit: je vais faire ma course, bien gérer mon bateau et naviguer propre pour finir. Je me disais juste: j'aimerais bien que la place ne soit pas trop mal. Et, c'est le cas. Elle va être superbe si ça se termine bien... »

    Dans ce tour du monde, il y a eu des moments forts, il y a beaucoup d'images dans votre tête mais y en a-t-il qui vous ont plus marqués?
    «Il y a plein d'images et de souvenirs en trois mois de mer. L'image la plus forte au niveau émotion, c'est quand j'ai vu Jean (Le Cam) à bord du bateau de Vincent (Riou) au moment où je passais à côté d'eux et je voyais le mât de «PRB» penché. C'était une séquence bizarre mais impressionnante, qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. Et puis, il y a eu le cap Horn qui restera un grand moment. C'était mon premier cap Horn. Je suis passé juste à côté. Il y avait de bonnes conditions. C'était un vrai moment de magie».

    • Recueilli par Gilbert Dréan

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