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Vendée Globe 2008

Vendée Globe Le Cléac'h au 7e ciel

8 février 2009

A bord de son «Brit Air», le Saint-Politain Armel Le Cléac'h (31 ans) a pris, hier matin, la deuxième place du Vendée Globe, cinq jours et six heures après Michel Desjoyeaux. Le «chacal», au 7e ciel, n'a pas boudé son plaisir.

  • Armel Le Cléac'h a finalement coupé la ligne d'arrivée des Sables d'Olonne à 9 h 41' 35'', hier. Photo DR
  • Il aurait pu arriver tôt le matin. Avant le lever du jour mais son frère Gaël, responsable technique, a réussi à le convaincre que, même s'il en avait plein les bottes, il était préférable de franchir la ligne en plein jour. Pour le public. Pour les médias. Pour lui, surtout. Alors, Armel, épuisé par une fin de course difficile, a joué le jeu. Et il n'a pas eu à le regretter.

    La larme à l'oeil

    Car, à 8h, il n'y avait pas un chat sur les quais. A un moment, on a même eu peur qu'il arrive dans l'anonymat. C'est mal connaître les Sablais qui fêtent le premier comme le dernier avec la même ferveur. C'est également mal connaître les supporters du «chacal» venus en masse des contrées léonardes. A bord de la vedette à passagers «Chevalier Arlequin», les fans du «chacal» se sont fait copieusement rincer mais pour rien au monde, ils n'auraient raté ça! Au son de la bombarde, «Brit Air» a franchi la ligne à 9h41' 35'', sous grand-voile seule. Après 89jours 9h39' 35'' de mer. En liaison VHF, Armel a immédiatement livré ses premières impressions: «C'est énorme, grandiose. J'avais la larme à l'oeil quand je vous ai vus».

    Ah, les crêpes et le pain beurre!

    Obligé de se rationner depuis deux jours, le «chacal» s'est jeté comme un mort de faim sur les «crêpes fraîches et sur un bon morceau de pain beurre». Le temps d'attendre la marée montante, «Brit Air» a embouqué le chenal à l'heure du déjeuner. Et là, il en a pris plein les mirettes en voyant les banderoles plantées ici et là sur les quais: «Chacal for ever», «Pekab Mémel» ou encore «Armel roi du monde». Arrivé au ponton, il a retrouvé des visages connus. Celui de sa fille Louise (21 mois) qui a changé. Il a vu du soulagement dans le regard d'Annie, sa maman. De la fierté dans les yeux de Jean-Gab', son père. Il a cru avoir la berlue en voyant Lomig, son copain de toujours qui a parcouru 8.000km pour l'accueillir. Il a apprécié aussi de voir ses copains du Centre Nautique de Saint-Pol de Léon, le club de son enfance, «le meilleur club de voile au monde», selon le marin de la baie de Morlaix.

    L'hommage du «professeur»

    «C'est génial de vous voir tous là», a-t-il dit avant d'inviter à bord l'architecte Pascal Conq, le constructeur Gilles Ollier, le spationaute Jean-Loup Chrétien, parrain de son bateau. Puis, dans la foule, il a vu deux visages qu'il n'avait pas vus depuis le cap Horn, Jean Le Cam et Vincent Riou. Séquence émotion. Mais là où le «chacal», sourire aux lèvres, a définitivement mis tout le monde dans sa poche, c'est lors de la conférence de presse (lire ci-dessous). Détendu, drôle, souriant, le skipper de «Brit Air» a tapé dans le mille. Il n'a oublié personne et surtout pas le malheureux Roland Jourdain: «Je suis triste pour lui car il méritait d'être là sur le podium. C'est la dure loi du Vendée Globe». Dans un coin de la salle, Michel Desjoyeaux, la mine fatiguée à cause d'une méchante grippe, n'a pas perdu une miette du spectacle. «C'est génial pour lui. Depuis le départ, Armel a été d'une grande honnêteté avec lui-même. Il est venu pour apprendre, sans expérience des mers du Sud... On voit le résultat. Bravo». Un «professeur» qui donne la leçon, un élève qui apprend très vite: vivement le prochain cours!

    • Philippe Eliès

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