31 janvier 2009
Roland Jourdain poursuit son chemin de croix à petite vitesse. Un dernier acte terrible pour le Quimpérois. Armel Le Cléac'h peut lorgner la place de dauphin.
Face à un Michel Desjoyeaux souverain, Roland Jourdain avait opposé une farouche résistance. Et terminer deuxième derrière le «roi du solo» était plus qu'honorable. Mais la scoumoune qui lui colle à la quille a changé la donne. Hier, il a dressé un nouvel état des lieux. «A priori, il n'y a plus de quille! J'ai d'abord crû, quand le truc est arrivé dans la nuit d'avant-hier à hier, que c'était le bulbe mais en fait, il se trouve que c'est plutôt l'ensemble qui est parti.»
Rallier les Sables
Roland Jourdain, sur le qui-vive, tient bon et veut absolument finir. «Il faudrait un petit coup de pouce du destin et une météo maniable pour que je termine la boucle. Mon objectif est de rentrer aux Sables d'Olonne et je ferai tout pour y parvenir mais je ferai gaffe à ma peau». La problématique n'est pas simple pour le skipper de «Véolia» qui fait preuve de sang-froid et aussi de courage face à ce coup du sort. Voilure réduite, ballast remplis, matériel matossé au fond du bateau, voiles ramenées dans la soute, c'était le plan d'urgence mis en place par ce marin très expérimenté. Naviguant dans un flux de nord à nord-ouest sous grand-voile à deux ris et trinquette, appuyé sur sa carène liquide le skipper de «Véolia» avait baissé de rythme et progressait à cinq noeuds. Il faisait route vers les Açores, première halte de ce chemin de croix. Dans cette navigation sur le fil du rasoir la difficulté est d'évaluer jusqu'où il peut aller sans chavirer et mettre sa vie en danger. Hier, il estimait qu'il peut «encaisser 45 noeuds de vent à condition que la mer reste raisonnable». Ce qui n'est pas gagné.
Le Cléac'h compatit
Dans un tel contexte, la deuxième place n'est plus à l'ordre du jour. Cette avarie est une aubaine pour Armel Le Cléac'h qui n'en demandait pas tant et était plein de compassion pour son aîné. «Ce qui arrive à Bilou est terrible et injuste. Il a collectionné les galères dans la remontée et il ne mérite pas cela». Le Saint-Politain restait concentré sur sa course. Hier, en voulant couper au plus court l'anticyclone des Açores, il a peut-être été un peu gourmand. «Brit Air» (à 350 milles de Véolia) était affronté à des vents de face et mollissants qui l'ont ralenti. Mais il dispose d'une marge de manoeuvre confortable sur ses deux poursuivants immédiats, Sam Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran) tout juste sortis du pot-au-noir. La place de dauphin est promise au skipper de «Brit Air» qui ne veut cependant pas tirer de plans sur la comète.
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