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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. La menace Golding (13/12/08)

30 décembre 2008 à 15h54

Dans un vent qui s'est renforcé, Jean-Pierre Dick mène toujours la flotte sur un rythme soutenu. L'Anglais Mike Golding est de retour, les icebergs aussi et ils ajoutent du stress aux solitaires.

Lors de la dernière édition du Vendée Globe, Mike Golding avait été le plus rapide pour traverser l'Indien et le Pacifique (1). C'est dire que l'Anglais est à son affaire dans le Sud et il le prouve une nouvelle fois. Hier au classement de 11 heures, « Michel Doré », comme l'a surnommé Jean Le Cam, avait hissé « Ecover 3 » sur une trajectoire Sud à la seconde place dans le sillage de Jean Pierre Dick. Il faudra compter avec le « pompier » anglais. L'archipel des Kerguelen dans le rétro, les premiers cavalent dans un flux puissant de secteur Nord-Ouest. Avec des vents qui atteignent 30 noeuds, les vitesses s'affolent et les milles défilent sous les étraves.
De la tension dans l'air
Mais entre la crainte de la casse et le désir de ne pas décrocher des avant-postes, tout l'art est de trouver le bon compromis. Ce qui engendre de la tension et pour ajouter encore un peu de stress, il y a en toile de fond cette présence sournoise des icebergs repérés par le satellite ou aperçus par Michel Desjoyeaux et Johnny Malbon. Dans ce contexte un peu tendu, où faut-il placer le curseur ? « Faire des moyennes de 19 noeuds et foncer au Sud voir les glaçons, ça ne m'intéresse pas. Pour le moment, on fait le dos rond, j'espère qu'on aura une ouverture un peu plus tard. Tenir 18 noeuds de moyenne c'est déjà pas mal. Ce qui est important c'est de savoir qu'on a encore sous le pied », explique Sébastien Josse, décalé un poil Nord.
Dick poétique
Jean-Pierre Dick, qui a repris les rênes de cette flotte depuis le début de semaine, apprécie ces conditions de glisse mais ne veut pas exagérément pousser le curseur. Interrogé sur de possibles journées à 450 milles il reste prudent : « Les conditions vont être stables jusqu'à la porte australienne. Si la mer se range un peu, on verra mais je ne vais pas aller chercher un record des 24 heures... La route est longue, il ne faut pas casser maintenant et ménager sa monture autant que possible », confiait le skipper de Paprec Virbac 2 qui savoure cette navigation dans l'Indien : « Le vent a amené quelques éclaircies et du coup la mer est d'un bleu foncé superbe. ll y a une grande houle caractéristique des mers australes qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Et il y a une nuée d'oiseaux autour du bateau », racontait-il, l'humeur poétique. Dans ce cadre aussi majestueux que fascinant baptisé « le pays de l'ombre » par Titouan Lamazou, l'heure est moins à la poésie qu'à la régate. « Il ne devrait pas se passer grand-chose jusqu'à l'Australie. On ne va pas s'énerver maintenant », confiait Michel Desjoyeaux. Interrogé une énième fois sur l'arme secrète qui lui a permis un come-back étonnant il préférait parler « d'une course de « Foncia » avec deux baleines (NDLR : une habitude) qui ne voulaient pas se laisser rattraper ». Tout juste concédait-il qu'il « avait torché de la toile et marché 0, 7 noeuds plus vite que ses rivaux », quand il avait cravaché son plan Farr. Le Professeur, désormais dans le même tempo que ses rivaux, attend-t-il son heure ? (1) En 2004, il avait mis 14 jours entre les caps de Bonne-Espérance et Leeuwin (13,7 noeuds de moyenne) et 16 jours entre le Leeuwin et le cap Horn (12,8 noeuds de moyenne).

  • Gilbert Dréan le 13/12/2008

Trois records en 2009. Cammas repart en chasse

A la barre de son trimaran « Groupama 3 » réparé et consolidé, Franck Cammas va repartir l'année prochaine sur le sentier des records. Au programme, le Trophée Jules Verne, l'Atlantique Nord et la Méditerranée.

Après son chavirage, le 18 février dernier, dans l'océan Indien, « Groupama 3 » est revenu au chantier Multiplast à Vannes. Même si les raisons de la casse du flotteur restent toujours un mystère, la structure a été renforcée.
165 jours sur l'eau
Le monolithique a remplacé le sandwich. Pendant dix mois, pas moins de 60 personnes ont travaillé sur le multicoque, soit 40.000 heures de travail. « Même s'il n'y avait qu'un seul flotteur abîmé, on a refait les deux », explique Stéphane Guilbaud, manager de l'équipe. Et Franck Cammas, qu'a-t-il fait pendant tout ce temps ? Ce qu'il aime le plus, à savoir naviguer. Sur toutes sortes de multis : F 18 (1 e r France, 2 e Mondial), Décision 35 (1 e r Bol d'Or sur le lac Léman), trimaran de 60 pieds « Groupama 2 » (1 e r Trophée SNSM), maxi-trimaran « Oracle » et Extrême 40. Cammas, qui a passé 165 jours sur l'eau en 2008, va d'ailleurs engager un catamaran de 40 pieds aux couleurs de « Groupama » sur le circuit I'Ishares Cup l'année prochaine. Le Douarneniste Tanguy Cariou sera responsable de ce projet. Mais c'est surtout sur le sentier des records que l'on retrouvera Cammas et son équipage. Pour s'échauffer, le géant vert s'attaquera au record de la Méditerranée entre Marseille et Carthage, record détenu par Bruno Peyron et son maxi-catamaran Orange en 17 h.
Stand-by commun ?
Place ensuite au record de l'Atlantique Nord (4 jours 3 h 57' 54'') et, pourquoi pas à celui des 24 h (794 milles), déjà propriétés de Cammas et de ses équipiers. Ces derniers seront en stand-by à New York à peu près en même temps que le plus grand multicoque au monde, le trimaran « Banque Populaire 5 » (40 m) de Pascal Bidégorry. « Nos périodes de stand-by se superposent sur le record de l'Atlantique et le Trophée Jules Verne où nous seront prêts à partir dès novembre prochain. Cependant, entre nous, rien n'est signé ni préparé ». L'année 2009 ne sera pas uniquement faite de records puisque le trimaran fera plusieurs opérations de relations publiques en Turquie, Grèce, Espagne, Italie et Portugal. Si tout va bien, « Groupama 3 » devrait avaler quelque 30.000 milles en 2009

  • Philippe Eliès

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