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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Du jeu dans le sud (07/12/08)

30 décembre 2008 à 15h54

La hiérarchie est fluctuante sur le Vendée Globe où Sébastien Josse a repris la tête de la flotte hier devant Yann Eliès. Michel Desjoyeaux, lui, poursuit sa remontée fantastique. Jusqu'où ira-t-il ?

  • Jean-Pierre Dick, le plus sud de la flotte, espère que son option sera payante au passage de la deuxième porte de sécurité.
  • Au gré des vents qui balaient les couloirs choisis par les uns et les autres pour rejoindre la prochaine porte des glaces, la porte de Kerguelen, les places sur le podium s'échangent. Hier, Sébastien Josse avait repris la place de leader qu'il avait quittée vendredi.
    Et revoilà Josse
    Cette valse incessante des leaders et d'une manière plus générale cette hiérarchie très mouvante dans le top ten s'expliquent aussi par l'inconstance de la météo. Mais elles reflètent aussi l'intensité de la compétition et le niveau très proche des protagonistes. « Cela prouve qu'il y a du jeu et du niveau. C'était prévisible au regard du plateau. On s'aperçoit que tout un chacun se bat pour le moindre pouième de mille. C'est une vraie régate autour de la planète », analysait Sébastien Josse, premier à franchir la longitude de Bonne Espérance devant Yann Eliès (« Generali ») et Loïck Peyron (« Gitana Eighty »). Cette régate est en tout cas passionnante pour les terriens et la vacation, qui fait résonner les voix de ces solitaires dans la marina de la Porte de Versailles, a été suivie par un nombreux public captivé. A l'écoute de leurs pairs, Bertrand de Broc, héros malheureux des précédentes éditions (1993 et 1996), et Franck Cammas, qui, un jour, se laissera forcément tenter par l'aventure, étaient très attentifs au jeu stratégique qui se met en place.
    Dick proche des glaces
    Deux concurrents se sont démarqués au sud en quête d'un meilleur angle au vent et de plus de pression. Il s'agit de Mike Golding (« Ecover 3 ») et Jean-Pierre Dick (« Paprec Virbac 2 »), qui naviguait par 47° sud à une quarantaine de milles d'icebergs détectés par les satellites. La nuit avait été compliquée pour le Niçois avec beaucoup de manoeuvres, mais il était optimiste pour la suite. « Je pense être dans une bonne position par rapport à la prochaine porte avec un angle intéressant. L'inconvénient de ma position, c'est que ça caille beaucoup. Quand j'ai manoeuvré, j'avais les doigts douloureux mais heureusement, j'ai des gants de pêcheur de langoustines dénichés par un de mes équipiers ». A 20 h, il avait hissé son plan Farr en deuxième position et il avait touché des vents plus forts en soirée. Pour ses camarades de jeu, les conditions étaient propices à la glisse. « 24-25 noeuds, une mer assez rangée pas trop creuse et un paysage très gris où l'on ne distinguait pas l'horizon ».
    Desjoyeaux range
    C'était la carte postale livrée par Michel Desjoyeaux. Mais s'il était très décontracté à la vacation, le skipper de « Foncia » n'est pas en vacances. Il poursuit sa chevauchée fantastique et son retour ultra-rapide aux avant-postes frappe les esprits. Marc Guillemot (« Safran »), déposé il y a quelques jours, avouait avec franchise son impuissance à suivre ce rythme effréné sans prendre de risques. Hier, c'est Armel Le Cléac'h (« Brit Air ») qui a été dépossédé de sa neuvième place. La prochaine victime pourrait être Mike Golding : « J'aime bien croquer les Anglais », plaisantait Michel Desjoyeaux qui assurait « avoir passé sa matinée à ranger son intérieur » qu'on sait spartiate. « Je n'ai pas barré depuis deux jours, je n'ai pas le sentiment de pousser la machine outre mesure », précisait-il. On avait peine à le croire à la lecture du dernier pointage de la matinée qui créditait « Foncia » d'une vitesse moyenne de 19,1 noeuds sur une heure. Intox ou vérité, ce retour laisse rêveur et doit un peu agacer ceux qui sont devant.

    • Gilbert Dréan

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