20 janvier 2009
Il y est ! En plein dans le Pot au Noir, ce bourbier météo tant redouté. Depuis hier, Desjoyeaux est sérieusement ralenti au niveau de l'équateur. Pour lui, c'est l'Eole buissonnière.
A l'aller, puis au retour. Le Pot au Noir, c'est le genre d'endroit que tous les circumnavigateurs aimeraient éviter. Parfois, ils y arrivent. Parfois pas. A l'aller, le plan Farr du Forestois était passé facilement dans cette région que les scientifiques appellent «zone de convergence intertropicale». Pour les historiens, le Pot au Noir tire son nom du fait que les bateaux négriers, considérablement ralentis dans cette zone, jetaient à la mer les esclaves noirs malades afin d'éviter la propagation des maladies et d'économiser des vivres.
Pas à sa place
Pour les solitaires du Vendée Globe, le Pot n'est rien d'autre qu'un endroit imprévisible où la pétole succède à la baston sans crier gare: calmes plats, pluies diluviennes, vents oscillant entre 0 et plus de 50 noeuds, le tout en quelques secondes seulement. Depuis des lustres, les meilleurs météorologues de la planète y perdent le nord même s'ils savent qu'en général, cette zone, qui marque la frontière météorologique entre les deux hémisphères, prend ses aises entre 2° et 4° de latitude nord. Pas de bol cette fois pour le leader Desjoyeaux car le Pot, pas à sa place habituelle, est descendu pratiquement à 2° de latitude sud. Pour le skipper de «Foncia», flashé hier à 1,1 noeud à 3.300 milles de l'arrivée, le danger serait de voir ce «pot de colle» remonter au nord avec lui, permettant ainsi à Roland Jourdain de refaire une partie de son retard.
Les ambitions de Guillemot
Du retard, Marc Guillemot en a aussi sur Samantha Davies: 101 milles très exactement. Ce qui n'est rien au regard des 5.000 milles restants à parcourir. De plus, le skipper de «Safran» sait qu'à l'arrivée, on lui rendra 82heures suite à la réparation accordée à l'issue du sauvetage de Yann Eliès. D'ailleurs, Guillemot ne fait plus mystère de ses ambitions: «J'ai des objectifs un peu plus ambitieux que d'arriver 4e. C'est peut-être un peu prétentieux, mais après «"Roxy", l'objectif suivant, c'est "Brit Air"». Sur le papier, son plan Verdier - VPLP est bien plus rapide que «Roxy», vieux de neuf ans mais il devra sacrément cravacher pour rejoindre, voire dépasser le plan Finot neuf d'Armel Le Cléac'h qui, à 900 milles devant lui, bénéficiera au final de 11heures de bonification pour sa participation au sauvetage de Jean Le Cam. A vos calculettes!
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