19 janvier 2009
500 milles, c'est le nouvel écart entre Michel Desjoyeaux et Roland Jourdain, soit plus d'une journée de mer. Ses concurrents commencent à en convenir eux-mêmes: seuls des soucis techniques pourraient maintenant empêcher Foncia d'empocher la mise aux Sables d'Olonne.
Dimanche midi, Roland Jourdain (Veolia Environnement) accusait le coup. «C'est dur, là. Je pensais que je rentrais dans le bon wagon, puis Michel (Desjoyeaux) est parti et moi je suis resté. Enfin, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir et j'ai jusqu'à l'arrivée pour aller le plus vite possible. Ce qui sous-entend, aller plus vite que l'autre, mais ça va être compliqué. Pourtant, le Pot-au noir va être plus éprouvant pour lui que pour moi. Bien sûr, l'écart commence à compter, mais je ne vais pas me pendre dans mon bateau, je vais faire comme si je pouvais gagner jusqu'au bout. La chasse au Desjoyeaux est ouverte jusqu'à février, après on ferme, mais on la fera jusqu'au bout ». Reste que pour l'heure, le deuxième du classement ne peut rien faire pour empêcher le skipper de Foncia de creuser une avance de plus en plus confortable.
7.000 milles d'écart entre le premier et le dernier
Pendant que Desjoyeaux surfe à vive allure dans les alizés, lui bataille dans une zone de grains et de pétole. En quatre jours, l'avance du leader a plus que doublé, passant de 230 à 500 milles. Derrière, les écarts se creusent également, à commencer par Armel Le Cléac'h (Brit Air), troisième et relégué à plus de 1.000 milles du leader, contre 700 deux jours plus tôt. Idem pour Sam Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran), aux prises avec des dépressions orageuses au large de l'Uruguay. Les plus à l'ouest, Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) semblent se tenir à leur pacte de collaboration. Les deux navigateurs sont séparés de 0,7 mille seulement et adaptent visiblement leur vitesse l'un à l'autre. Qui va doucement, va sûrement: une chose est certaine, la navigation en convoi n'est sûrement pas le meilleur aiguillon pour tenir des vitesses élevées.
Les ennuis de White
Steve White (Toe in the water) a dû, lui aussi, ralentir aux abords du cap Horn. Le navigateur britannique a quelques soucis de rail de grand-voile et attend une accalmie pour réparer et retrouver des vitesses plus conformes aux impératifs de la course au large. Dee Caffari (Aviva) s'apprête à ravauder sa grand-voile: une opération complexe puisque la navigatrice va devoir affaler de nouveau au quatrième ris, étaler les surfaces endommagées dans son cockpit et coller, par-dessus les zones les plus abîmées, des pièces découpées dans une de ses voiles d'avant.
Wilson s'en souviendra...
Pour sa part, Rich Wilson (Great American III), le doyen de la course, a vécu 48heures horribles. Une «punition» avec port du casque obligatoire à l'intérieur pour ne pas se blesser. Au contraire, les conditions sont presque trop clémentes pour les deux derniers qui progressent doucement en bordure d'un anticyclone inhabituel dans les Quarantièmes Sud.
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