25 janvier 2009
Tandis que l'écart se stabilise entre les deux concurrents de tête, derrière ça revient fort : les Britanniques Brian Thompson et Dee Caffari se rapprochent dangereusement de Samantha Davies, ralentie depuis plusieurs jours.
L'hémorragie des milles qui séparent Michel Desjoyeaux de Roland Jourdain semble être enrayée depuis hier matin. Calé dans le sillage de « Foncia », qui poursuit son cavalier seul dans le nord-ouest du Cap Vert, « Veolia Environnement » a bien accéléré dans la nuit de vendredi à samedi et affichait, poussé enfin par de solides alizés de nord-est, des moyennes de 14 noeuds. De son côté, Armel Le Cléac'h - qui devait franchir l'équateur cette nuit - est censé aborder le pot au noir, un passage qui a piégé son prédécesseur pendant presque 48 heures. Mais comparée aux récits de Roland Jourdain, qui relatait une nuit cauchemardesque coincé sous un grain gigantesque et une pluie diluvienne, la traversée de cette zone tant redoutée semble pour l'instant indolore pour le skipper de « Brit Air » puisqu'il n'a pas encore ralenti.
Guillemot et Davies englués
La situation est moins agréable pour les 4 e et 5 e du classement. Marc Guillemot (Safran), fidèle à sa stratégie « côtière », continue de tirer des bords, 30 milles au large du Brésil. Une vraie partie de slalom entre les plates-formes de forage et les bateaux de pêche. Les vents thermiques et autres effets de sites recherchés par Guillemot ont un prix : une grosse fatigue générée par une veille constante et l'obligation de manoeuvrer au portant. Bien plus au large, Sam Davies (« Roxy ») n'est pas mieux servie, bien au contraire. Depuis trois jours, l'un comme l'autre, coincés entre lignes de grains et dorsale anticyclonique, sont en recherche de vent et de vitesse. Résultat : une nette bien que discrète remontée de leurs poursuivants.
Thompson à l'attaque
Brian Thompson était en effet le plus rapide de la flotte hier. Dans des conditions idéales pour faire parler son puissant « Barhain Team Pindar », le navigateur Britannique a passé de longues heures à glisser au largue à plus de 15 noeuds. Il y a une semaine, il accusait encore 1.000 milles de retard sur Samantha Davies. Hier, il n'était plus qu'à 350 milles ! Englué dans une bulle anticyclonique uruguayenne que Brian Thompson et Dee Cafari (« Aviva ») ont réussi à éviter, Arnaud Boissières voit ses compagnons de route s'échapper. Au large de l'Argentine, tout va bien pour Steve White, dernier de la troupe à évoluer en Atlantique. Il a pu enfin choquer les écoutes et progresse à 12 noeuds. Lui aussi opère depuis une semaine une timide mais constante remontée, avec pas loin de 300 milles de gagnés sur « Akena Vérandas ». L'actualité est différente pour les trois bateaux qui ferment la marche. Rich Wilson plonge doucement vers le sud pour doubler, d'ici deux jours environ, le mythique cap Horn. Quant à Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek, ils vont devoir infléchir leur route vers le nord pour passer la dernière porte de sécurité Pacifique. Les deux hommes ont franchi, hier matin, la barre des 7.000 milles de retard sur les leaders.
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