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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. De toutes les couleurs (06/12/08)

30 décembre 2008 à 15h54

Des vents soutenus, des surfs à 30 noeuds, puis une bulle sans vent : avant l'entrée dans l'océan Indien, les solitaires en ont vu de toutes les couleurs, hier.

Drôle de vacation radio, hier midi en plein coeur du salon nautique. Pardon du Nautic puisqu'il a changé de nom. Au micro, un Kito de Pavant, pas encore complètement remis de son abandon prématuré pour cause de démâtage, qui écoute calmement ses anciens camarades de jeu raconter leur nuit de folie. Une nuit musclée : vent de 35-40 noeuds, mer « dans tous les sens ». Et des skippers fatigués. Epuisés moralement comme l'avoue Yann Eliès : « Ce matin, ça n'allait pas du tout. Pas envie, mal dormi. On ne fait pas avancer un âne qui ne veut pas avancer non ? » Un âne qui a tout de même réalisé des pointes de vitesse à plus de 25 noeuds.
Desjoyeaux flashé à 30,44 noeuds
« Moi, j'ai battu le record de mon " Brit Air " dans un surf à 29,9 noeuds ». Armel Le Cléac'h s'est visiblement éclaté dans ce front. Tout comme Desjoyeaux, toujours en train de bouffer du mille à vivre allure : « Record de vitesse du bateau : 30,44 noeuds au GPS, mais aussi un ou deux plantés de bâton. Euh, d'étrave ». Même Jean Le Cam a avoué que « c'était sport ! La nuit, tu ne vois rien, tu ne sais même pas ce qui se passe devant toi. Alors, tu fais confiance au pilote automatique. Ce n'est pas raisonnable ? Oui, c'est vrai mais que veux-tu faire d'autre ? »
Jourdain coince la bulle
Rien, si ce n'est attendre que ça se calme. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, ça s'est calmé. Un peu trop même puisqu'après les surfs endiablés et parfois incontrôlés, certains skippers du groupe de tête sont tombés dans un... anticyclone. Et là, ils ont dû se pincer en voyant le speedomètre. Au lieu d'indiquer deux chiffres (30), il n'y en avait plus qu'un (3) sur l'écran. Grâce (ou à cause) à cette bulle sans vent, le classement a été bouleversé et c'est Loïck Peyron, plus au nord, qui en a bénéficié. Après le Pot au Noir et l'anticyclone de Sainte-Hélène, c'est la première fois qu'une zone sans vent profite au skipper de « Gitana Eighty ». Roland Jourdain, lui, est tombé dans cet anticyclone. Il n'a pas aimé ça : « Je me suis retrouvé à l'endroit où je ne voulais pas être. Ça fait mal parce que ça fait deux jours que je ne voulais pas venir dans le coin ! »
Riou lève le pied
Quant à Vincent Riou, il a levé le pied. Au sens propre comme au figuré. En effet, lors d'un départ à l'abattée, il s'est blessé au pied il y a deux jours : « Le choc a entraîné une grosse inflammation du tendon d'Achille et de la voûte plantaire », dit-il. Le Loctudiste a du mal à se tenir debout : « Surtout dans les conditions qu'on a eues. L'inflammation est assez importante ». Le skipper de PRB n'a pas d'autre solution que de laisser son pied se reposer. Tout en sachant que, devant, certains ne s'en priveront pas pour mettre les deux pieds sur la pédale d'accélérateur.
L'Indien
Pour l'heure, les concurrents du Vendée Globe 2008 sont en retard par rapport aux temps de passage d'il y a quatre ans : « On a presque deux jours de retard : on n'avance pas », disait encore Yann Eliès qui, malgré un coup de mou, ne s'inquiète pas outre mesure. Le skipper de " Generali " a fait tourner différents routages : « Et ils nous font tous arriver en même temps à la prochaine porte des glaces ». Aujourd'hui, les hommes de tête vont entrer dans l'Indien. L'océan où les vents hurlent, rugissent. De plaisir ou de colère, c'est selon.

  • Philippe Eliès

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