• LeTélégramme.com

Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Beyou trahi par son gréement (24/11/08)

30 décembre 2008 à 15h54

L'avarie de gréement de Delta Dore est la mauvaise nouvelle d'un dimanche morose. Jérémie Beyou, qui fait route vers le Brésil, était très pessimiste sur sa capacité à réparer. Un coup du sort pour le Finistérien qui avait bien débuté son Tour du monde.

  • Victime d'une avarie de gréement, Jérémie Beyou s'est dérouté hier matin vers Salvador de Bahia, au Brésil, alors qu'il pointait en dixième position au classement.
  • A 9h12, hier, Jérémie Beyou a averti la direction de course d'une avarie sérieuse. Au lever du jour, il a constaté que son gréement sous le vent n'était plus solidaire du mât, l'empêchant de virer de bord ou d'empanner. A l'origine de ce problème, la rupture des fixations qui retiennent les deux barres de flèches supérieures et laissent, du coup, celles-ci pendouillent, uniquement retenues par leur attache au haubanage. Pour Jérémie Beyou, il était évidemment impossible de poursuivre avec un mât menaçant à chaque instant de s'affaisser. Delta Dore avait démâté dans la Barcelona Race en décembre 2007. Un nouveau mât non rotatif, plus simple, avec trois étages de barres de flèches, avait été réalisé pour ce Vendée Globe.
    Impossible de monter dans le mât
    Très affecté par ce coup du sort, le Finistérien est venu à la vacation et a précisé les choses au plan technique. « J'étais à l'intérieur cette nuit, au près avec 22 noeuds de vent sous trinquette et grand voile haute. J'ai entendu un bruit inhabituel, un crac. Sous le vent, la barre de flèche n° 2 se baladait : c'est toute l'embase de cette pièce qui est cassée. Le dormant du hauban s'est emmêlé avec la bastaque et la barre de flèche n° 1 en haut s'est rompue ensuite. J'ai tout de suite réduit l'allure et j'ai abattu en faisant attention à ne pas empanner, car autrement, le mât tombait ! La barre de flèche tournoie sur elle-même : il m'est impossible de monter dans le mât sans risquer de me faire décapiter par ce morceau de carbone. Je crois, en plus, que le profil du tube lui-même a pris un coup. J'essaye avant tout de conserver le mât en l'air jusqu'aux côtes brésiliennes. » Le skipper de Delta Dore fait route au vent de travers à vitesse réduite vers Salvador de Bahia, distante de 700 milles.
    Pas d'assistance possible
    Il reste évidemment en course mais, hier, il était très pessimiste sur ses chances de pouvoir réparer seul ce problème de gréement : « Ce sont des pièces mécaniques qui ont cassé. Il est impossible d'en usiner une à bord : j'ai tout ce qu'il faut pour réparer, tout sauf un mât et une quille ! En plus, on a refait des pièces avant de partir et on a tout vérifié aux Sables-d'Olonne. C'est rageant. » Sa déception était énorme et s'il va prendre le temps d'étudier une solution avec son équipe, il ne se faisait pas trop d'illusion sur la suite de l'histoire : « Pour moi la course telle qu'elle était est finie. C'est très dur à encaisser après quatre ans de travail ». Rappelons que le règlement du Vendée Globe n'autorise l'assistance qu'au port de départ des Sables-d'Olonne. Ensuite, chaque solitaire doit réparer lui-même tout problème technique et ce, sans faire escale. On se souvient que dans le Vendée Globe 2000-2001, Yves Parlier, au mouillage dans une île néo-zélandaise, avait réussi à réparer seul son gréement brisé. « Je n'ai pas le talent d'Yves et, dans son cas, il s'agissait plus de faire de la stratification. Là, il s'agit d'une pièce de haute technologie à remplacer », précisait, sous le choc, Jérémie Beyou, qui a quitté le groupe des dix où il figurait depuis deux semaines.

    • G. D. 24/11/2008.

    © Copyright Le Télégramme 2009