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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Au tiers du parcours (10/12/08)

30 décembre 2008 à 15h54

Un mois de mer et 8.000 milles avalés, soit le tiers du parcours. Dans le pays de l'ombre, l'ambiance a changé. Le moral des marins aussi : un jour au beau fixe, le lendemain sous la quille...

Quel contraste hier dans les voix des marins ! D'un côté, des skippers en pleine forme comme Jourdain, Stamm et Wavre. De l'autre, des solitaires en proie à de sérieux coups de mou. Commençons par Jourdain, égal à lui-même après 30 jours de mer : « Je n'ai pas changé... » Dans les 50 e s Hurlants, Bilou chante tout en gardant un oeil sur son radar : « Eau à 3,5° : méfiance, il y a peut-être des icebergs dans le coin ».
« C'est loin d'être fini »
Grande forme également pour le Suisse Stamm qui « carbure comme un malade ». De 1.400 milles de retard, le voilà revenu à moins de 600 des leaders. « Ça paraît énorme mais quand tu dézoomes sur la carte, ce n'est pas grand-chose ». Du coup, le skipper de « Poujoulat » a remis du charbon (de bois ?) dans la cheminée de son plan Farr : « La tête de la flotte ? Je regarde cela de loin, sans trop faire attention ». Sans s'en rendre compte, Stamm est en train de nous faire « une Desjoyeaux » : « Je n'ai plus que deux jours de retard ? Ah bon, ben c'est parfait. C'est loin d'être fini ! » Le bûcheron des mers sait qu'il peut s'en passer des choses pendant un tour du monde. Il en a déjà gagné deux (ndlr : avec escales) et il y croit dur comme fer.
« J'ai la gueule de bois »
Le moral au beau fixe chez Stamm mais le moral sous la quille à bord de « Generali ». Yann Eliès l'avoue : « Oui, j'ai la gueule de bois. Je perds du terrain et je ne vois pas comment je vais faire pour revenir. Ce qui est sûr, c'est que la course est plus passionnante quand on est devant ». Devant, Armel Le Cléac'h y était il n'y a pas si longtemps encore. Le voilà décroché : « Va falloir que je relâche la pédale de frein. Mon manque d'expérience des mers du sud se fait sentir. J'ai été moins rapide ». Le skipper de « Brit Air » doit s'habituer au froid, à l'humidité ambiante, à la mer. Bref, à un univers hostile qu'il ne connaît pas. « Là, ça caille dur ! L'eau est à 2° : j'ai l'oeil sur le radar ». Le Cléac'h a, lui aussi, pris un coup sur la tête mais on ne le surnomme pas le « Chacal » par hasard : « Je ne vais rien lâcher, dit-il. Riou et Le Cam, soit les deux premiers du dernier Vendée Globe, ne sont pas loin devant. Alors, je m'accroche ».
Riou : c'est pas le pied !
Juste devant lui, Le Cam se plaint également du froid. Quant à Riou, il souffre toujours du pied. Victime d'une inflammation du tendon qui lui provoque des douleurs localisées dans la voûte plantaire, le Loctudiste est réellement handicapé pour manoeuvrer. Pour border ses voiles, il se met à genoux devant la colonne de moulin à café. « Je ne suis pas en grande forme. C'est long comme guérison et c'est surtout rageant de se sentir diminué ». Heureusement, à bord, il possède un stock de patchs antidouleur et d'anti-inflammatoires : « J'ai ce qu'il faut comme réserves de médicaments. De quoi tenir jusqu'à l'arrivée ». Pendant ce temps, à 600 milles derrière, le Suisse Wavre s'éclate en surfant à plus de 25 noeuds, musique à fond : U2, les Queen... Ambiance rock 'n' roll et moral au zénith !

  • Philippe Eliès. 10/12/08

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