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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. Après le Horn, l'ouragan

15 janvier 2009

Tempête à l'horizon ! Brian Thompson, Arnaud Boissières, et Dee Caffari, déjà secoués dans la nuit de mardi à mercredi, vont endurer aujourd'hui un deuxième coup de vent violent juste après leur retour dans l'Atlantique.


Les marins attendent tous le cap Horn avec impatience, c'est souvent une délivrance : quitter les mers du sud, la grosse houle, les déferlantes et les glaces. Pour trois marins, qui vont doubler le cap dur ce soir, ça ne va pas être une partie de plaisir. Pire, ça risque même d'être de la survie. Brian Thompson, Arnaud Boissières et Dee Caffari, à plus de 2.500 milles des premiers et qui viennent de subir un gros coup de vent (rafales à 65 noeuds), se préparent à essuyer la plus grosse tempête que les concurrents aient rencontrée depuis les Sables-d'Olonne.

Force 12
Cette fois, c'est un ouragan (80 noeuds soit 150 km/h dans les rafales), force 12 sur l'échelle Beaufort, qui va les cueillir dans le détroit de Lemaire. Des vents de nord, qui souffleront donc dans l'axe : « Les conditions de mer qu'ils rencontrent sont difficiles (8-10 m de creux), mais c'est une accalmie par rapport à ce qu'ils vont connaître après le Horn. Cette tempête, qui se forme avec de l'air tropical, va générer des vents de 80 noeuds dans les rafales. C'est un cran au-dessus des plus gros coups de vent rencontrés dans ce Vendée Globe. Ils ne peuvent pas y échapper. Leur objectif va être de tenter d'endurer le moins longtemps possible ce phénomène. Le mieux serait de conserver une vitesse minimale de 12 noeuds pour rester au nord de cette dépression et subir le moins possible son effet. Ou alors de se mettre à l'abri sous le vent de l'Iles des Etats », expliquait le météorologue Sylvain Mondon.

62 noeuds pour Boissières et une grosse frayeur
Pourtant déjà hier matin, Arnaud Boissières, septième, racontait sa nuit qui ne fut pas de tout repos : « La mer était énorme avec un vent fort (pointes à 62 noeuds). A ce moment-là, soit tu réduis trop et tu subis, soit t'essaies d'avancer normalement. J'ai choisi la deuxième solution avec un surf à 30,2 noeuds. Je n'en menais pas large ». Le 60 pieds de « Cali » s'est couché deux fois avec une grosse frayeur à la clé : « Le bateau a pris une vague par le côté et j'ai entendu un crac (l'antenne du fleet, dôme à l'arrière du bateau). Il s'est couché et tout a volé. Quelques petits bobos, une grosse frayeur... Maintenant, je recharge les batteries jusqu'au grand cap : ça se mérite ! ». Il avait intérêt d'en profiter parce que le skipper d'« Akena Vérandas », comme Dee Caffari ou encore Brian Thompson, va devoir faire le dos rond, ce soir et la nuit prochaine. Le contraste est saisissant avec l'avant de la flotte qui navigue le long d'une dorsale dans des airs instables. Le long des côtes brésiliennes, Roland Jourdain, qui se rapproche de son ami Michel Desjoyeaux, se fait plaisir. Toujours un peu plus vite que le leader sur les dernières 48 heures, Bilou est perplexe.

« Je crois que je suis enfin sur le palier »
Même s'il n'a pas eu le temps de beaucoup s'occuper des cartes météo, il s'étonne que « Foncia » ait perdu 100 milles en 24 heures. La réponse du professeur ne se fait pas attendre : « Pas facile de monter l'escalier (tirer des petits bords) mais je crois que j'ai atteint le palier. A un moment, il faudra bien que Bilou les tire aussi ses bords. Je ne m'en fais pas, l'élastique va de nouveau se retendre ». Affaire à suivre.

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