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Vendée Globe 2008

Vendée Globe. A gauche toute ! (01/12/08)

30 décembre 2008 à 15h54

Ça y est ! Ils ont mis le clignotant à gauche, cap à l'est. Josse et Peyron ont été les premiers à ouvrir la porte de l'anti-chambre des mers du sud.

Josse et Peyron sont inséparables ! A croire qu'un solide élastique relie « BT » et « Gitana Eighty ». Les deux Sudistes ont effectivement réussi à se glisser habilement sous l'anticyclone. Et Josse a même creusé l'écart. Fini donc le près physique des derniers jours, bonjour le portant. Un portant pépère pour commencer mais synonyme de nouvelle vie à bord. « Oui, on a retrouvé une vie à peu près normale, avec un bateau presque à plat qui ne mouille plus. On peut manger normalement », se réjouit Josse.
« Un peu fiévreux »
Le Niçois, qui juge son avance « insignifiante après 21 jours de course », n'est pas fâché d'avoir un chasseur comme Peyron collé à ses basques : « C'est motivant, ça t'oblige à donner le maximum ». Derrière ce redoutable duo, Riou a, lui aussi, bien négocié ce grand virage à gauche. Hier, il filait sous spi, dans 12 noeuds de vent d'ouest, entouré de deux autres Finistériens, Jourdain et Le Cléac'h. « C'est sympa d'être à vue mais, à un moment, il va falloir se faire violence et mettre cap au sud pour aller chercher la pression ». La pression, celle qui pèse parfois sur les épaules, est pourtant montée d'un cran ces dernières heures. Même si l'entrée dans les 40 e s Rugissants s'est faite en douceur, les solitaires savent que ça va changer dans le Grand Sud : « Devant nous, on a un mois d'angoisse. On est toujours un peu fiévreux avant d'y aller », avoue Dick.
Le Cam joue et perd
Mais pour l'heure, il n'est pas question de surfs endiablés sur des montagnes liquides, mais de glissades sous spi dans un vent médium et sur une mer encore calme. Avec, à l'horizon, cette première porte de sécurité vers laquelle tous convergent maintenant. Les empannages vont se succéder et il faudra « être dessus » comme disent les marins. Après avoir avalé le cinquième du parcours, Marc Guillemot a bien compris qu'il fallait être dessus : « Le Vendée Globe, c'est une sacrée régate hauturière où il ne faut pas s'endormir. Il faut être combatif tous les jours ». Combatif, Le Cam l'est. Joueur aussi. Là, il a joué et il a perdu. Tel Icare, il s'est brûlé les ailes en rasant de trop près l'anticyclone. Perte sèche : 80 milles. Le voilà relégué à 104 milles de Josse.
Baleines, albatros
A l'inverse, Desjoyeaux a grappillé des milles : il est à 239 milles du leader. Ravi de sortir les « voiles ballons », « d'ouvrir la véranda » (ndlr : la casquette de protection du cockpit) et de voir des rayons de soleil, le skipper de « Foncia » a croisé des baleines - « De loin heureusement... »- et vu son premier albatros. De loin, il a regardé ses petits camarades de devant se disperser aux abords de l'anticyclone : « On dirait que quelqu'un a balancé une grenade là-dedans car ils sont partis dans tous les sens ».
Michel Desjoyeaux mange anglais
Aux aguets, le « professeur » a vu que Josse et Peyron s'étaient échappés au sud « dans un trou de souris ». Insatiable, Desjoyeaux a, selon ses mots, « encore bouffé deux Anglais », à savoir Thompson et Davies. On devine qu'il aimerait croquer le dernier Britannique qui lui résiste : « Ah oui, Michel Doré ! » Michel Doré, nom « francisé » de Mike Golding. Là, la tâche s'annonce plus compliquée mais il lui reste encore les 4/5 du parcours pour y parvenir.

  • Philippe Eliès. Le 1er/12/08.

Thompson.

Pénalité effectuée Le 60 pieds « Bahrain Team Pindar » de Brian Thompson a dû faire du surplace en plein milieu de l'Atlantique Sud, hier, pendant quatre heures. En effet, pour avoir gardé ses équipiers à bord deux minutes avant le départ le 9 novembre dernier, le skipper britannique avait été pénalisé de quatre heures par le jury. Pénalité qu'il devait effectuer avant que le bateau atteigne la longitude 01° 00 Est.

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